« Allez à Joseph »
Durant les 15 premiers siècles de la vie de l’Église, Saint Joseph se trouve dans la pénombre où il est placé par les textes évangéliques. Il laisse la place qui convenait à Jésus et à Marie. Peu à peu, sous la mouvance de l’Esprit Saint, l’Église nous dévoile la figure de ce grand saint, humble et silencieux, à qui Dieu confia la garde de ses trésors les plus précieux. Il a participé au mystère de l’Incarnation plus qu’aucune autre personne en dehors de Marie, Mère du Verbe Incarné et aux mêmes événements salvifiques. À Bethléem, il a reçu l’Enfant Jésus dans ses bras, il l’a pressé sur son cœur. C’est lui qui lui a donné son nom. « Tu lui donneras le nom de Jésus » (Mat I,21) avait dit l’Ange. Chef de la Sainte Famille, avec Marie son épouse, il a nourri Jésus, l’a éduqué et lui a enseigné son métier de charpentier. Les mains rugueuses du travailleur ont guidé les mains hésitantes du Fils Créateur du monde.
Peut-on imaginer la vie intime de cette Sainte Famille dont Joseph assume si bien le rôle de père. Une vie de pauvre, comme celle de la plupart des êtres humains, mais une vie ouverte aux autres. À Nazareth c’était « porte ouverte » tous les jours. « Joseph peux-tu me raboter une porte ? Joseph, viens vite, mon toit s’est effondré », et Joseph laisse tout pour rendre ces mille services.
Comme Marie il a dit « Oui » à Dieu, jour après jour, dans les grandes comme dans les petites choses.
Cette vie d’amour et de service que Joseph a vécue au sein de la Sainte Famille n’a cependant pas été épargnée par les épreuves. À Bethléem, lors de la naissance de Jésus, il n’y avait pas de place pour eux à l’hôtellerie ; la fuite en Égypte, errant sur des chemins sans asile et pour combien de temps ? Et la perte de Jésus au Temple où Joseph se sentait responsable de ce fils qui lui avait été confié. Nous savons peu de choses de sa vie. Il est probable que Dieu l’a rappelé à Lui avant la vie apostolique de Jésus.
L’Église lui a donné le titre de Patron de la Bonne Mort, une mort précieuse sans aucun doute entre les bras de Jésus et de Marie.
Pharaon dira aux Égyptiens affamés « Allez à Joseph et Joseph ouvrit tous les magasins de blé » lit-on dans la Genèse. Et ce Joseph là n’était qu’une figure du père de Jésus.
Allons, nous aussi, à Joseph dans tous nos besoins. Nous pouvons dire aussi à Saint Joseph comme on le dit à Marie : « On n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont recours à vous aient été abandonnés » : il a tout pouvoir sur le Cœur de Jésus.
Sœur Marie Thérèse, CPCR
Paroisse Saint Martin de la Plaine de Valence