Laetare Jerusalem …

 » Réjouissezvous avec Jérusalem! Exultez en elle, vous tous qui l’aimez! Avec elle, soyez pleins d’allégresse, vous tous qui la pleuriez! Alors, vous serez nourris de son lait, rassasiés de ses consolations; alors, vous goûterez avec délices à l’abondance de sa gloire. » Is 66, 1011Au moment où j’écris ces lignes, nous voici déjà arrivés à la micarême. La liturgie nous invite à nous réjouir pleinement et abondamment, à « exulter » de joie même si nous sommes encore, pour quelques temps, avec Jésus au désert.Ce temps de pénitence ne durera pas. Tout comme les Hébreux du second livre des chroniques (36,116; 1923) après le temps des larmes, Dieu annonce déjà le retour de la joie et des chants d’allégresse.Il est le « Dieu riche en miséricorde » de la lettre de St Paul aux Ephésiens (2, 410) désireux de « montrer, au long des âges futurs, la richesse surabondante de sa grâce par sa bonté pour nous dans le Christ Jésus ».Un temps de pénitence de courte durée nous est offert comme un cadeau, un temps pour revenir vers le cœur du Père, un temps d’introspection pour scruter au plus profond de nous mêmes et y débusquer les nombreuses tentations que l’ennemi y a semées.Viens maintenant le temps du pardon, le temps de la réconciliation… La croix déjà se dresse sur le monde et Dieu, notre Dieu, fait surabonder Sa Grâce là où le péché a abondé.« Comme le serpent de bronze fut élevé au désert, ainsi fautil que le fils de l’homme soit élevé » nous dit Saint Jean (3,1421). Mais comme pour le serpent de bronze encore fautil se tourner vers la source du Salut pour obtenir sa sura-bondante miséricorde ; il est nécessaire que le malade soit conscient de sa maladie pour chercher le secours du méde-cin. Cela demande parfois un peu de courage pour se présenter au cabinet et entendre le diagnostic.Pourtant, chez ce médecin là, nous avons l’assurance d’une complète rémission par la force agissante et recréatrice de Sa Parole : « car le Christ Jésus n’est pas venu pour juger le monde mais pour que le monde soit, par Lui, sauvé ». Comme le centurion de Capharnaüm (Jn 4,4354), il nous suffit de demander la grâce de la Vie.Un espoir naît aussi au cœur de nos vies bousculées par la pandémie actuelle. Une joie qui sonne comme un retour à Jérusalem : cette année, même si les conditions ne sont pas encore idéales, nous allons pouvoir à nouveau être Eglise et brandir nos cierges pour fêter la résurrection de Notre Seigneur et le retour de la Lumière dans le monde.Tous réunis aux côtés de nos prêtres et autour de nos catéchumènes : Lucie, Barbara, Mallory et Antoine, qui recevront le baptême au petit matin, nous pourrons « exulter de joie » avec la multitude des anges. Nous porterons également, dans nos prières, Elodie qui recevra le sacrement du baptême par l’imposition des mains de Monseigneur Michel au mois de juillet en l’église de Fauconnières.Que la Lumière du matin de Pâques soit déjà dans nos cœurs et dans nos âmes. Patrick Puttevils Dc