Commentaire de l’Écriture, La Croix, dimanche 10 janvier, Baptême du Seigneur, année B

Is 55, 1-11
Is 12, 2, 4bcd, 5-6
1 Jn 5, 1-9
Mc 1, 7-11

Partageons la parole de Dieu avec sœur Dominique, de l’abbaye bénédictine de Maumont, située entre Angoulême et Bordeaux.

Le Baptême du Seigneur

Comprendre

Qui donc est Jean le Baptiste, celui à qui tous les évangélistes rendent témoignage en annonçant le Christ ? Est-il à ce point indispensable pour nous ? Marc aujourd’hui nous le fait découvrir de façon saisissante : « Commencement de la bonne nouvelle de Jésus, Messie, fils de Dieu… : voici, survient JEAN ! » Et c’est une apparition sonore, une voix qui crie dans le désert, il clame un baptême de conversion, et toute la Judée sort vers lui et tous ceux de Jérusalem et ils reçoivent le baptême, une foule de gens. Historiquement ces faits sont incontestables : Jean a laissé des traces dans les Évangiles, mais aussi dans les écrits non chrétiens car il a rassemblé autour de lui des disciples et marqué son époque.

Méditer

Jean, qui es-tu pour le Christ et qui es-tu pour nous ? Jésus, à plusieurs reprises, nous parle de cet homme qui l’a touché et qu’il a probablement suivi comme un maître. « Parmi les enfants des femmes, il n’en est pas surgi de plus grand que Jean », difficile de dire plus ! Jésus a reconnu en lui le feu de l’Esprit en attente… et en attente de lui ! Jésus se sent annoncé par Jean et trouve en ses paroles l’exigence d’obéir à l’appel profond du Père qui l’inspire.

Jean, lui, refuse de s’annoncer lui-même, il est la voix d’un Autre qui l’envoie pour préparer la venue de quelqu’un d’autre ! Il annonce l’imminence d’une présence mais il ne sait pas où est celui qu’il annonce : « Parmi vous se trouve quelqu’un que vous ne connaissez pas. » Il sait qu’un homme vient derrière lui, si extraordinaire qu’il ne lui arrive pas à la cheville et il ne vit que du désir de le connaître et de le faire connaître.

Alors Jésus vient. Mais l’Évangile insiste sur la façon dont il vient et ce « comment » s’avère aussi important que l’avènement. Jésus s’avance dans le plus profond silence et le plus parfait anonymat. Il prend son rang dans la file des gens et reçoit le baptême de Jean. Si le ciel se déchire tout porte à croire dans notre récit qu’il est le seul à entendre la voix du Père.

Toute cette fanfare verbale et ce prosternement de Jean pour que Jésus soit reconnu comme le Messie triomphant et le juge du monde, nous met en face d’un « tout autre ». À la place de tout ce que l’homme serait en droit d’attendre d’un puissant qui vient prendre possession de son règne, voici le silencieux, le solitaire, le solidaire, l’Unique, le Bien-aimé du Père. Mais la voix venant du ciel qui résonne au plus intime de nos cœurs clame plus fort que celle de Jean car « le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui » (Mt 11, 11). Écartèlement douloureux entre ces contraires que maintiennent ensemble deux hommes afin que Dieu puisse être reconnu pour ce qu’il est : l’Au-delà de tout qui se fait l’un de nous, l’Immense des galaxies nous parlant comme un père à son enfant.

Prier

Père, en ce jour, celui qu’il nous est donné de découvrir en plénitude c’est bien toi !

N’as-tu pas pris le premier la parole en disant à ton fils :

« Voici que J’envoie mon ange devant ton visage » ?

Toi, l’origine de Jésus et aussi de Jean et de nous tous,

fais connaître ta joie au monde entier en nous permettant de dire

Père !

Fais-nous entendre

ta gratitude émerveillée, cette fierté immense qui s’échange entre vous deux

au point que l’on ne peut savoir lequel est le plus fier de l’autre.

Ouvre mes lèvres et sans fin je te célébrerai en célébrant ton Fils.

La colombe de l’Esprit,

qu’elle plane comme au premier jour sur ta création nouvelle

n’ayant pas d’autre bonheur que toi, Père. Père !