Commentaire de l’Écriture, La Croix, Épiphanie du Seigneur, année B.

Is 60, 1-6
71 (72), 1-2, 7-8, 10-11, 12-13
Ep 3, 2-3a.5-6
Mt 2, 1-12

Partageons la parole de Dieu avec le frère Maximilien, prémontré de l’abbaye Saint-Martin de Mondaye (Calvados).

Comprendre

Dans l’Antiquité, Alexandrie était une ville où l’on trouvait les plus grands astronomes. Aussi était-il d’usage pour le patriarche de cette ville d’Orient d’envoyer à l’évêque de Rome les dates des fêtes mobiles de l’année à venir, parmi lesquelles la plus importante : Pâques. Rapidement, il fut d’usage de chanter solennellement cet éloge des fêtes, qui prit le nom de Noveritis. Cette annonce avait lieu après l’Évangile, les fidèles restant debout (car il s’agit d’une Bonne Nouvelle), et le diacre utilisait la même mélodie que l’Exultet du soir de Pâques (car il s’agit d’annoncer déjà la Résurrection du Seigneur). Le Directoire sur la piété populaire (2001) trouve opportun de rétablir cet antique usage, très répandu à l’époque médiévale, « car (il) aide les fidèles à mieux comprendre le lien existant entre l’Épiphanie et Pâques, ainsi que l’orientation de toutes les fêtes vers la solennité chrétienne la plus importante » (n° 118). En effet, entre Noël et Pâques, le même mystère se déploie : le Sauveur est venu pour nous sauver.

Méditer

On lie aisément l’Épiphanie à la fête de Noël. À travers les Mages venus d’Orient, c’est à la terre entière qu’est manifestée la Bonne Nouvelle qui avait été révélée aux bergers : un Sauveur est né.

La Tradition de l’Église a très vite célébré, dans cette fête, trois mystères du Christ : l’adoration des Mages, le baptême au Jourdain et le signe accompli à Cana. À trois moments clés de la vie de Jésus, son identité de Sauveur est annoncée. Encore maintenant, l’antienne du Magnificat des Vêpres chante : « Nous célébrons trois mystères en ce jour. Aujourd’hui l’étoile a conduit les Mages vers la crèche ; aujourd’hui l’eau fut changée en vin aux noces de Cana ; aujourd’hui le Christ a été baptisé par Jean dans le Jourdain pour nous sauver, alléluia. » Ces trois mystères sont célébrés « aujourd’hui ».

Qu’on évoque l’Épiphanie du Seigneur en lien avec Noël ou avec le baptême de Jésus ou encore avec les noces de Cana, c’est toujours le même Sauveur qui est annoncé. Or cette action de salut, qui commence à s’accomplir, trouvera son plein achèvement dans sa mort et sa résurrection. Finalement, toutes ces fêtes orientent déjà notre regard vers la Croix et le tombeau vide. La préface de ce jour nous fait chanter : « Aujourd’hui, tu as dévoilé dans le Christ le mystère de notre salut. » Or, quel est ce mystère ? N’est-ce pas celui que nous chantons d’une voix unanime à chaque Eucharistie : « Il est grand le mystère de la foi – Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire » ?

Les Mages sont venus d’Orient, ils se sont mis en marche jusqu’à venir adorer l’Enfant. Cette grande fête nous invite à nous mettre spirituellement dans leurs pas. Il s’agit de nous mettre en route pour adorer l’Enfant qui vient de naître, Celui en qui le Père a mis son amour, Celui qui, après avoir changé l’eau en vin, a fait jaillir de son cœur l’eau et le sang mêlés, Celui qui est ressuscité pour nous réconcilier avec Lui, Celui qui nous attend au terme de la route.

Prier

« À l’Orient l’étoile a paru

Pour annoncer que le Christ est venu.

Dès qu’ils l’ont appris,

Les rois sont partis.

Heureux le cœur qui désire Jésus !

Jusqu’au pays qui l’a méconnu

Ils ont cherché le Sauveur attendu.

Ils vont dans la nuit :

La foi les conduit.

Heureux le cœur qui recherche Jésus !

Et dans la joie du Dieu qu’ils ont vu,

Ils porteront le message reçu,

Car le Paradis

Sur terre a fleuri.

Heureux le cœur qui annonce Jésus ! »