Commentaire de l’Écriture, La Croix, 2 ème dimanche de l’Avent, année B

Is 40, 1-5.9-11
84 (85), 9ab.10, 11-12, 13-14
2 P 3, 8-14
Mc 1, 1-8

Partageons la parole de Dieu avec la communauté assomptionniste de Valpré, à Écully, près de Lyon.

Is 40, 1-5.9-11

Comprendre

La vie de Jésus nous est racontée dans quatre récits, les Évangiles. En grec, ce mot « évangile » (euaggelion) signifie « bonne (eu-) nouvelle » ou « annonce » (aggelion) ; il est employé pour l’annonce d’une victoire par exemple. Dans l’histoire du peuple d’Israël, la Bonne Nouvelle désigne cette annonce du Salut par Dieu. Le prophète Isaïe, maintes fois repris dans les Évangiles ne cesse de le répéter : « Voici le Seigneur Dieu ! Il vient avec puissance » (Is 40,10). Saint Marc, quant à lui, commence son récit sur Jésus par ces mots « Évangile de Jésus, Christ » (Mc 1, 1). Cette expression peut désigner soit la Bonne Nouvelle que Jésus est venu annoncer, soit la Bonne Nouvelle concernant sa personne, que les disciples de Jésus ont proclamée après la Résurrection. Jésus vient en effet annoncer la Bonne Nouvelle du Règne de Dieu. Ainsi, guérir les malades, apaiser les esprits tourmentés, ouvrir les yeux d’un aveugle, ressusciter les morts sont autant de signes de la présence du Règne dans le monde. Or cette Bonne Nouvelle ne se distingue pas du messager qui l’annonce. Animé entièrement par elle, Jésus s’identifie à son heureux message dont il est devenu le centre puisque en sa personne, Dieu nous sauve et Dieu est avec nous. C’est la signification du nom « Jésus » et « Emmanuel ». La Bonne Nouvelle d’un Dieu qui sauve passe par Jésus.

Méditer

Dans le monde sémitique et plus largement de bien des collectivités rurales, l’image du chemin est riche en représentations de rencontre. Sans doute partout dans le monde, et spécifiquement dans les cultures africaines, du sentier à l’autoroute, le chemin évoque ou reflète les vécus et les attentes de l’invité et des hôtes : entretenir ou préparer le chemin est un investissement dans l’accueil, dans les échanges entre les hommes, dans le sens de l’aventure, dans les attentes des peuples…

Le messager trace l’itinéraire en annonçant l’invité qui vient combler nos attentes : « Consolez, consolez mon peuple » (Is 40,1). Que de fois et de bien des manières nos attentes ne sont-elles pas de cet ordre ? Nous les connaissons bien et nous les projetons sur celui qui est annoncé. En réalité, nous ne l’attendons pas seulement pour ce qu’il est, mais davantage pour ce que nous attendons de lui.

« Car ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une terre nouvelle où résidera la justice » (2P 3,13). La préparation de sa venue commence par la fixation de nos attentes, comme un village de génération en génération décide que le sentier passe par là. Ces attentes ne sont pas éloignées du bonheur auquel nous aspirons, à la justice que nous revendiquons, à la paix que nous tenons à restaurer. Certainement que son message ou sa promesse ne s’éloignera pas de ces attentes selon les mots du psaume 84 : « Amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent. »

Il vient. Il ne viendra pas par d’autres moyens que celui de marcher sur nos sentiers pour devenir notre compagnon. En choisissant de partager et combler nos attentes il a voulu s’inscrire dans nos réalités. Au lieu de venir de nulle part comme un conquérant, il est né parmi les siens. Sommes-nous prêts ou disposés à écarter tous les obstacles à cette compagnie ?

Prier

Ô désert, tu n’es pas si étrange

Et je languis de te fouler en mon âme

Car, le sable ne brûle pas

Quand je marche à l’horizon

Le sable n’est pas aride

Quand y coule l’espérance d’une écoute attentive

Le sable est toujours tendre

Sous mes genoux qui murmurent ma foi

Ô désert, toi qui passes dans l’étroitesse de ma vie

Tombe et file de jour en jour

Vers mon point d’éternité.

2e dimanche de l’Avent

L’Evangile (Mc 1, 1-8)

Commencement de l’Évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu. Il est écrit dans Isaïe, le prophète : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour ouvrir ton chemin. Voix de celui qui crie dans le désert : Préparez le chemin du Seigneur, rendez droits ses sentiers. Alors Jean, celui qui baptisait, parut dans le désert. Il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. Toute la Judée, tous les habitants de Jérusalem se rendaient auprès de lui, et ils étaient baptisés par lui dans le Jourdain, en reconnaissant publiquement leurs péchés. Jean était vêtu de poils de chameau, avec une ceinture de cuir autour des reins ; il se nourrissait de sauterelles et de miel sauvage. Il proclamait : « Voici venir derrière moi celui qui est plus fort que moi ; je ne suis pas digne de m’abaisser pour défaire la courroie de ses sandales. Moi, je vous ai baptisés avec de l’eau ; lui vous baptisera dans l’Esprit Saint. »

Autres lectures Is 40, 1-5.9-11 ; Ps 84 (85) ; 2 P 3, 8-14.