Commentaire de l’Écriture, La Croix, 1er dimanche de l’Avent, année B

Is 63, 16b-17.19b ; 64, 2b-7
79 (80), 2ac.3bc, 15-16a, 18-19
1 Co 1, 3-9
Mc 13, 33-37

Partageons la parole de Dieu avec le frère Nicolas Morin, de la fraternité franciscaine de Besançon (Doubs).

Comprendre

Christ est venu, Christ reviendra, Christ est là. Être chrétien, c’est apprendre à conjuguer ensemble, passé, présent et futur. Jésus est né un jour du temps dans la pauvreté d’une crèche, il a marché sur nos routes humaines et il est mort sur une Croix. Ressuscité au matin du huitième jour, le Christ inaugure une nouvelle création : il a vaincu les forces du mal et de la mort. Mais le Salut déjà offert doit se déployer dans l’histoire jusqu’à son accomplissement total, la venue définitive du Christ dans sa gloire. Pourquoi cette longue attente qui met notre espérance à l’épreuve ? Que faire de ce présent qui est le nôtre, marqué par tant d’incertitudes et de peurs ? Les textes de ce dimanche nous révèlent ce qui fonde notre espérance, ce qui nous fait tenir debout et confiant au milieu de la tempête.

Méditer

« Tu es, Seigneur, notre Père et notre Rédempteur, écrit Isaïe. Nous sommes l’argile et tu es le potier : nous sommes tous l’ouvrage de tes mains. » Nous ne cessons de naître des mains du Père. Notre monde connaît les douleurs de l’enfantement. Nous attendons une humanité nouvelle, un monde réconcilié avec lui-même. Ce Père est Rédempteur : il vient nous libérer de nos impasses, nous réveiller de notre sommeil, nous guérir de nos aveuglements afin d’ouvrir un chemin nouveau.

Ce Père est fidèle, nous dit saint Paul. Il tient toujours ses promesses. C’est pourquoi nous pouvons attendre avec confiance sa venue. Mais pourquoi tarde-t-il ? Pourquoi cette si longue attente ? « Pourquoi, Seigneur, nous laisses-tu errer hors de ton chemin ? » Et si nous renversions la question en nous plaçant du côté de Dieu ? N’est-ce pas lui qui nous attend ? Souvenons-nous de Dieu errant dans le jardin à la recherche d’Adam : « Où es-tu ? » Et si cette longue attente était l’expression de l’infinie patience de Dieu qui nous espère toujours, nous désirant à l’image et à la ressemblance de son Fils ? Notre vocation n’est-elle pas de « vivre en communion avec son Fils, Jésus-Christ notre Seigneur » ?

Jésus, le Christ, nous donne de croire encore en nous-mêmes. Il est l’homme selon le cœur de Dieu que nous sommes appelés à devenir. Voilà pourquoi notre attente doit être active, occasion de nous laisser jour après jour transformer à son image, devenir un en Christ.

Nous portons en ce temps de l’Avent la douloureuse et nécessaire métamorphose de notre humanité. Nous ne ressusciterons pas le monde d’avant. Il nous faut veiller, garder les yeux ouverts sur les chemins de morts que nous avons pu emprunter afin de laisser le Christ ouvrir un nouveau passage. C’est le chemin que le pape François nous invite à prendre dans son encyclique Fratelli tutti en devenant veilleurs d’une humanité nouvelle.

Prier

Seigneur ouvre les portes de nos cœurs.

Ouvre les portes qui sont restées trop longtemps fermées à ta parole.

Ouvre pour ton peuple un chemin d’avenir.

Apprends-nous à être des veilleurs pour t’accueillir,

Toi le Dieu qui viens à la rencontre de ton peuple,

hier, aujourd’hui, demain.