Homélie du 4ème dimanche de Pâques, année A

Ac 2, 14a.36-41
Ps 22 (23), 1-2ab, 2c-3, 4, 5, 6
1 P 2, 20b-25
Jn 10, 1-10

Dans l’Evangile de ce 4ème dimanche de Pâques, le Christ se présente à nous sous les traits du Bon Pasteur qui connaît personnellement ses brebis et dont les brebis  reconnaissent la voix sans se tromper. Il marche à leur tête et elles le suivent.

Frères et sœurs, le Christ s’offre à nous conduire comme le berger ses troupeaux. Il nous connaît personnellement, chacun par notre nom. Rien ne lui échappe de nos secrets, de nos intentions, de nos faiblesses. Il est celui qui sonde les reins et les cœurs.

Le Christ a donné sa vie pour nous. Il continue de la donner par ses sacrements. Il nous conduit sur les routes du bonheur, celles qui mènent à la Maison du Père. Quelle doit être notre attitude à l’égard du Bon Pasteur ?

-D’abord une profonde reconnaissance : un pareil amour exige une réponse d’amour. Comment ne lui rendrai-je pas amour pour amour ?

-Ensuite une parfaite docilité à ses directives. Il ne veut que notre bonheur. Il en connaît les voies d’accès. Il nous les indique. Faisons-lui confiance.

-Enfin un esprit réciproque de charité vis-à-vis de nos frères. Ne devons-nous pas, à notre tour, nous faire leurs pasteurs pour les amener au Bon Pasteur, les orienter vers Lui par une attitude de vérité et d’amour, de délicatesse et d’humilité ?

Le Christ se présente aussi comme la Porte du Bercail. Ce qui veut dire que pour accéder au salut et à la vie, pour parvenir à la Maison du Père, il faut nécessairement passer par Lui.

En disant : « Je suis la Porte », Jésus nous met en garde contre les faux bergers. Ce sont des mercenaires sans véritable souci du troupeau, des voleurs et des bandits qui volent, égorgent, détruisent.

Il montre du doigt les faux prophètes de tous les temps, ceux d’hier et ceux d’aujourd’hui. Ils s’attaquent en priorité à celles et à ceux qui sont fragilisés par la vie, déstabilisés matériellement ou moralement. Ils profitent de leur désarroi et de leur crédulité.

Le Christ s’est engagé totalement pour ceux que le Père lui a confiés. Il a cherché la brebis égarée plus que toutes les autres. Cette mission, il l’a transmise en priorité à Pierre : « sois le berger de mes brebis ».

La première lecture le montre exerçant cette charge après la Pentecôte, par la prédication du Christ et l’appel à la conversion.

Cette vocation est donnée aux apôtres et par extension à tous ceux qui partagent leur mandat. Saint Paul le rappelle aux Anciens d’Ephèse en leur disant adieu : « soyez les bergers de l’Eglise de Dieu ».

A la suite du Christ et avec le Christ nous sommes appelés à être pasteurs et passeurs de vie pour des brebis sans berger.

Il y a un manque de prêtres et de diacres dans l’Eglise, disons-nous.

Mais en réalité ce qui manque dans les paroisses, ce sont des milieux porteurs. Et la famille en est un et même le plus important à nos yeux.

C’est là, devant les témoignages des parents que peut naître chez un jeune ou même un enfant le désir d’être tout à Dieu.

Si nous voulons des vocations dans l’Eglise, il faut que dans nos familles, on prenne le temps pour discuter ensemble sur le sens de la vie, sur les choix importants à prendre, que l’on ose parler de Dieu, de la beauté d’une vocation et que l’on sache l’accueillir si elle se présente.

Aujourd’hui, l’Eglise célèbre la journée mondiale de prière pour les vocations. La vocation est avant tout un appel de Dieu à la vie, au bonheur, à la sainteté. C’est un « appel au service missionnaire des autres », dit le Pape François. C’est un appel à apporter sa contribution au bien commun, à partir des capacités reçues par chacun, d’abord dans nos familles et dans notre vie professionnelle.

La vocation, ce n’est pas seulement l’affaire de quelques-uns. L’appel du Seigneur est pour tous. Il compte sur chacun de nous pour être les témoins et les messagers de son amour dans le monde d’aujourd’hui.

En cette journée de prière pour les vocations, il convient de parler de la vocation. Pas de la vocation en général. Pas non plus de la vocation au sens flou, quand on dit qu’on a vocation à s’occuper des malades, à enseigner, à faire de la musique voire à se marier.

Mais la réponse faite à Dieu par certains de lui consacrer leur vie : la vocation religieuse ou sacerdotale.

La vocation religieuse ou sacerdotale est un appel dans la nuit, un appel très personnel, un appel intérieur qui échappe au raisonnement, un peu comme le sentiment amoureux. Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas.

Cet appel intérieur retentit, secrètement mais réellement. Il touche des cœurs d’hommes et de femmes. Il les pousse à accepter librement de répondre. Il les invite à tout laisser pour suivre Jésus comme jadis Simon et Jacques et Philippe et les autres.

C’est un appel intérieur si fort et impératif, et qui s’accompagne de tant de joie, que celui ou celle qui l’entend est prêt à faire ce qui aux yeux du monde a des allures de folie.

Il faut vraiment être Dieu, il faut vraiment avoir donné soi-même sa vie par amour, pour demander à quelqu’un de n’avoir, par amour, ni famille, ni descendance, ni patrimoine, ni liberté.

Car si la vocation est une affaire éminemment personnelle, une affaire entre Dieu et celui ou celle qu’il appelle, elle est de la plus haute importance pour toute la communauté, et même pour toute la société.

Même si les temps sont durs, il n’y a pas de raison de douter de la volonté de Notre Seigneur de continuer à appeler. Il n’y a pas de raison de penser que Dieu n’appellerait pas aujourd’hui, comme hier des missionnaires, des pasteurs, des évangélisateurs, des prêtres, des contemplatifs et des martyrs.

La journée mondiale de prière pour les vocations est faite avant tout pour raviver notre foi, pour ouvrir nos yeux sur les merveilles de Dieu, pour rendre grâce à Dieu pour cette miséricorde qu’il ne cesse de nous manifester.

Le Pape a choisi quatre paroles-clés – souffrance – gratitude – courage et louange – pour remercier les prêtres et soutenir leur ministère.

Prions pour que notre communauté paroissiale, rassemblée autour du Christ, Bon Pasteur, le vrai Berger, forme un troupeau uni, où chacun se sent heureux de vivre et de s’épanouir. Amen

Père Mathias