Commentaire de l’Ecriture, La Croix, 3ème dimanche de Pâques

Ac 2, 14.22b-33
Ps 15 (16), 1-2a.5, 7-8, 9-10, 11
1 P 1, 17-21
Lc 24, 13-35

Partageons la parole de Dieu avec le frère Maximilien, prémontré de l’abbaye Saint-Martin de Mondaye (Calvados).

Comprendre

Tout le chapitre 24 de l’Évangile de Luc se déroule le même jour, le premier jour de la semaine, celui de la Résurrection. Le matin, des femmes allant au tombeau reçoivent l’annonce de la résurrection ; Pierre s’y rend à son tour ; en fin de journée, les disciples d’Emmaüs reconnaissent Jésus à la fraction du pain ; le soir, Il apparaît aux disciples rassemblés et les envoie témoigner de la Bonne Nouvelle. Tout cela se passe en un seul jour. Un jour qui ne finit pas, qui récapitule tout l’Évangile, toutes les Écritures et toute notre vie.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, au fil de la discussion, Luc rappelle le nom de Jésus, son origine (Nazareth), son ministère de prophète puissant reconnu par sa parole et ses actes, sa Passion et sa mort sur la croix. Au-delà de l’Évangile, c’est l’ensemble de l’Écriture sainte qui est reçue dans ce jour, puisque Jésus lui-même relit Moïse et les prophètes pour en expliquer le sens. Enfin, ce jour unique de la Résurrection est le nôtre aujourd’hui : par la fraction du pain, le Ressuscité se rend invisible aux yeux de chair des croyants, mais est réellement présent et visible parmi nous. Aujourd’hui, c’est « le même jour », le jour de la Résurrection, le jour qui ne finit pas. Aujourd’hui, c’est Pâques.

Méditer

Dès les premiers instants du christianisme, les chrétiens se rassemblent chaque dimanche. En effet, ce jour « rappelle le jour de la résurrection du Christ. C’est la Pâque de la semaine, jour où l’on célèbre la victoire du Christ sur le péché et sur la mort » (Jean-Paul II, Dies Domini 1, 1998). Lorsque, dimanche après dimanche, la communauté chrétienne se retrouve pour l’écoute de la Parole et le partage du pain, le Christ est là. Invisible à nos yeux, il est pourtant réellement présent dans le sacrifice de la messe, dans la Parole proclamée, lorsque l’Église rassemblée chante les psaumes, dans le prêtre qui préside la célébration, et substantiellement sous les espèces eucharistiques.

Chaque dimanche, nous fêtons la résurrection du Christ, nous revivons Emmaüs. Arrivés la tête et le cœur emplis de ce qui fait notre vie, tels Cléophas et son ami, nous laissons résonner en nous la parole de Dieu, relue à la lumière de l’événement pascal. Nous cherchons à saisir combien il fallait que le Christ souffrît tout cela pour entrer dans la gloire. Alors, le cœur brûlant, nous partageons le pain rompu, présence invisible et néanmoins réelle du Christ qui se donne. Enfin, à l’instant même, nous repartons, le cœur nouveau, pour annoncer la Bonne Nouvelle. Et si l’Évangile d’aujourd’hui nous faisait vivre différemment nos dimanches ? Ce sont des jours de résurrection, des jours qui ne finissent pas, des jours de rassemblement joyeux, des jours d’espérance.

Reprenant saint Basile, saint Jean-Paul II nous y invite : « Le dimanche représente le jour vraiment unique qui suivra le temps actuel, le jour infini qui ne connaîtra ni soir ni matin, le siècle impérissable qui ne pourra pas vieillir ; le dimanche est l’annonce constante de la vie sans fin, qui ranime l’espérance des chrétiens et les encourage sur leur route » (Dies Domini 26). Bon dimanche à tous !

Prier

Notre Père très saint,

notre Créateur, notre Rédempteur, notre Sauveur et notre Consolateur.

Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour :

ton Fils bien-aimé, notre Seigneur Jésus-Christ, pour que nous puissions nous rappeler, mieux comprendre et vénérer l’amour qu’il a eu pour nous et tout ce que pour nous il a dit, fait et souffert.

(Extrait du « Notre Père » paraphrasé par saint François d’Assise)