Commentaire de l’Ecriture, 2ème dimanche de Pâques, Année A

Ac 2, 42-47
Ps 117 (118), 2-4, 13-15b, 22-24
1 P 1, 3-9
Jn 20, 19-31

Partageons la parole de Dieu avec les sœurs du carmel de Frileuse, dans l’Essonne, à la charnière du Grand Paris et de la Beauce.

Comprendre

Le deuxième dimanche de Pâques est un jour riche en harmoniques. On parle du dimanche in albis, en aubes : en ce dernier jour de l’octave de Pâques, les adultes baptisés pendant la vigile pascale déposent le vêtement blanc qu’ils ont reçu au baptême : c’est le signe de la fin de l’initiation chrétienne. Cette étape peut être reportée à un autre moment. On l’appelle aussi dimanche de quasimodo : quasimodo, c’est le début du verset d’entrée de la messe célébrée en latin citant la Première Lettre de Pierre : « Quasi modo geniti infantes… » « Comme des enfants nouveau-nés, désirez le lait pur de la Parole ! » À nouveau, nous sommes invités à revenir avec les néophytes à la source de notre baptême, pour être et demeurer comme des petits enfants assoiffés de la vraie nourriture, la parole du Seigneur. En l’an 2000, le saint pape Jean-Paul II a proclamé ce dimanche « dimanche de la Miséricorde divine » au cours de la messe de canonisation de sainte Faustine Kowalska. Huitième jour, ce dimanche clôt l’octave pascale et il est le premier jour du monde nouveau inauguré par la résurrection du Fils, jour de la plénitude du temps, jour sans fin. Nos regards se tournent vers la deuxième venue du Christ : alors il sera tout en tous, et déjà aujourd’hui, nous sommes appelés à vivre d’une vie nouvelle, enfants de Dieu, nés de l’eau et de l’esprit. « Dans sa grande miséricorde, Dieu nous a fait renaître pour une vivante espérance grâce à la résurrection de Jésus-Christ d’entre les morts » (1 P 1, 3).

Méditer

Jean nous montre les disciples confinés par la peur, par la honte de leur trahison, verrouillés ensemble dans un même désarroi, ils vivent là enfermés dans l’incertitude et l’attente de pouvoir enfin sortir librement… Seul Thomas est absent : aurait-il été le seul à ne pas avoir eu peur de parcourir la ville ? On ne sait pas pourquoi il était absent…

Or, le Seigneur vient, il est là. À ses disciples réunis, il donne la paix, il les envoie, il insuffle en eux son souffle de vie, il leur donne part au pouvoir de Dieu de laisser aller les péchés. Or huit jours après, ils sont toujours là… Que leur manque-t-il donc pour être libres ? Tout d’abord, ils n’étaient pas au complet, il manquait Thomas. Le don de Jésus ne pouvait être reçu pleinement que s’ils étaient tous ensemble. Ensuite, il faut le temps de s’ajuster au don de Dieu, et ces « huit jours » pendant lesquels ils sont restés enfermés leur ont permis de cheminer. L’« apparition à Thomas » déverrouille non seulement le cœur de Thomas, mais aussi celui des autres disciples, et le nôtre. Les plaies sont le signe que le Ressuscité est bien le Crucifié.

En ce huitième jour, le cri d’amour et de foi de Thomas « Mon Seigneur et mon Dieu » récapitule la foi de l’Église. Il fallait que les premiers disciples de Jésus « voient » et « croient » pour qu’à leur suite, appuyés sur leur témoignage, sur leur parole, nous croyions sans avoir vu ou plutôt pour que nous devenions capables de reconnaître Jésus crucifié et ressuscité dans tout ce qui fait nos vies.

Prier

Seigneur, nous te prions pour les catéchumènes qui restent dans l’attente des sacrements qu’ils devaient recevoir en ces fêtes pascales. Sois proche d’eux, viens fortifier leur foi et leur désir.

Nous te prions pour tant de personnes atteintes de plein fouet par cette pandémie. Accorde-nous de faire l’expérience de ta présence de Ressuscité au cœur de la souffrance.

Donne-nous de croire que rien ne peut t’empêcher de venir à nous, car tu es vraiment ressuscité, et que ce temps où tout est suspendu, cet espace ouvert par la déroute de nos projets nous donne de comprendre davantage que tout est lié et creuse en nous le désir d’une vie nouvelle.