Homélie du dimanche de Pâques, année A

Ac 10, 34a.37-43
Ps 117 (118), 1.2, 16-17, 22-23
Col 3, 1-4
Jn 20, 1-9

Mathias, Pâques, c’est quoi ? Question d’un enfant de six ans.

Pâques, c’est la Résurrection de notre Seigneur Jésus-Christ, la fête du passage de la mort à la vie, des ténèbres à la lumière. Réponse très classique.

Pâques, la mère de toutes les fêtes chrétiennes, est tellement importante que l’Église toute entière s’y prépare pendant quarante jours et la célèbre cinquante jours durant.

Elle est d’autant plus importante qu’en elle se trouve le fondement et le sommet de la vie chrétienne. Ce mystère constitue le socle de tout l’édifice spirituel de l’Eucharistie et des autres sacrements.

Pâques chante notre foi d’un bout à l’autre du monde. C’est le résumé de notre Evangile, la raison d’être de notre Eglise, le cœur de notre spiritualité, la cause de notre vocation. La fête de Pâques chante notre espérance, danse notre allégresse, prolonge notre détermination et fortifie notre engagement dans le monde.

Qui étaient témoins de la résurrection ?

Marie-Madeleine. Elle s’est levée de bonne heure pour se rendre au tombeau. Elle veut embaumer le corps de Jésus qui a bouleversé sa vie et qu’elle a aimé d’un amour reconnaissant et sans réserve.

Et elle se retrouve devant un tombeau vide et court trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait et leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau ».

Marie-Madeleine représente pour nous la figure de l’amour. Elle nous apprend à demeurer dans l’amour, à croire en l’amour, à persévérer dans l’amour, quoiqu’il arrive.

« Pierre entre dans le tombeau. Il ne voit que le linceul resté là, et le linge roulé à part à sa place. ». Du vide. Rien qui corresponde à ce qu’il s’attendait à voir

Jean y entre à son tour : « Il vit et il crut. » Voir et croire. Pour lui, ces linges sont la preuve que Jésus est désormais libéré de la mort. Ils sont des pièces à conviction. Ils prouvent la Résurrection. « Si on avait pris le corps, on aurait pris les linges aussi ». C’est donc autour de cet espace vide que va naître l’espérance.

Marie-Madeleine, Pierre et Jean et les autres n’ont vu qu’une pierre roulée pour appuyer leur foi.

La plus grande des victoires, celle de la vie sur la mort, aurait pu passer inaperçue et disparaître dans le flot des évènements de l’histoire.

Ils sont pour nous les témoins d’un événement inédit, inexplicable, incompréhensible, mystérieux : Jésus est ressuscité. Il est vivant d’une vie immortelle. C’est là le fait principal de notre religion. Sans la Résurrection du Christ, la foi des Apôtres se serait écroulée, et c’en aurait été fini du Prophète de Nazareth.

Voici donc  Pâques ! C’est l’heure d’un sépulcre vide, l’heure de la Résurrection et de la Vie, l’heure de l’espoir, envers et contre tout.

A Pâques, nous célébrons la vie donnée sans réserve par Dieu, la présence vivante de celui qui nous rassemble pour qu’à notre tour nous vivions. Dans la Résurrection du Christ, c’est toute l’humanité qui se relève.

A Pâques, nous sommes ressuscités avec le Christ, et avec lui nous sommes passés de la mort à la vie. Telle est la vérité de foi que nous confessons chaque fois que nous proclamons que le Christ est ressuscité et qu’il est vivant parmi nous.

Nous renouvelons les promesses de notre baptême à cet instant.  Elles motivent notre action, notre attention aux autres, nos engagements dans l’Église et dans la société.

« Croyez à la Bonne Nouvelle ». Cette exhortation nous a été adressée au début du carême. Elle prend son sens aujourd’hui, en cette fête de Pâques.

La foi n’est pas un rêve, ni une illusion, encore moins une simple construction de l’esprit. Elle se fonde sur une écoute et une vision, nous dit le Pape François.

Chaque année, à Pâques, l’Eglise se rassemble pour se réjouir et fêter le Ressuscité. Cette année, nous traversons une crise sanitaire, avec son cortège de morts, de solitude et d’inquiétude radicale.

Pas de feu nouveau pour nous regrouper, nous réchauffer et nous rassurer, pas d’assemblée réunie autour des nouveaux baptisés pour chanter « Alléluia » et se réjouir.

Il nous faut trouver d’autres moyens pour célébrer le Ressuscité et emprunter  d’autres chemins pour nous rapprocher et nous sentir en communauté.

Alors oui, c’est la vie et la communion et non la maladie et le confinement qui auront le dernier mot. Plus que jamais, c’est illuminés par la foi, l’espérance et la charité que Pâques 2020 ne passera pas inaperçue dans le flot des évènements. Elle les transfigurera. « Tout est grâce », dit Thérèse de Lisieux.

Dans ses confidences de malade en fin de vie, elle raconte son jeûne eucharistique obligé, parce qu’elle ne parvenait plus à déglutir : « Tout est grâce », professe-t-elle

Elle donne des armes spirituelles pour vivre dans l’espérance les privations liturgiques du confinement. À ceux qui sont privés de sacrements, mais qui ouvrent leur cœur au don de Dieu, la grâce du Seigneur ne fera pas défaut.

Le jeûne eucharistique, pénitentiel et baptismal, obligé et douloureux, nous prive de la célébration des sacrements mais pas de leur grâce, du don spirituel qu’ils procurent.

Toutes ces personnes qui meurent seules en ce temps de pandémie, et inhumées en présence de quelques membres de la famille, et du prêtre, la grâce du Seigneur Ressuscité ne leur fait pas défaut. Tout est grâce

Rien n’empêche ceux qui ouvrent leur cœur au Seigneur d’accueillir vraiment la grâce du Christ, lui qui leur offre sa vie et les rend capables de donner la leur par Lui, avec Lui et en Lui.

Le coronavirus et la séparation liturgique qu’il nous impose comme tels, constituent un mal à combattre. Mais cette situation maléfique peut devenir une occasion de grâce si nos cœurs acceptent de se convertir à davantage de foi et de charité, de disponibilité profonde au don de Dieu.

Frères et sœurs, la Résurrection de Jésus nous demande de bouger, d’aller vers les autres, d’aller aux périphéries existentielles : « être des porteurs de vie ».

En ce temps de confinement les occasions ne manquent pas et l’attente est immense : relever quelqu’un en luttant avec lui contre son désespoir et en lui redonnant le goût de vivre.

Donner son attention, son amitié, sa tendresse humaine à celui que la vie écrase, n’est-ce pas faire vivre ?

Un accueil, un service, un pardon donné ou reçu, une main tendue pour remettre debout peuvent opérer un miracle de renaissance.

Puisse le « tout est grâce » de notre désir aujourd’hui, préparer pour les jours du déconfinement, des lendemains de profond renouveau de la foi et de la charité.

Soyons donc les témoins de la Résurrection

Christ est vraiment RESSUSCITE….IL EST VIVANT

Tout n’est pas confiné !!!

  • Les relations ne sont pas confinées
  • Les amitiés ne sont pas confinées
  • Les marques d’affection ne sont pas confinées
  • La prière n’est pas confinée

Le SALUT en JESUS  et son AMOUR pour nous

 ne seront JAMAIS confinés                       

JOYEUSES PÂQUES                   Père Mathias DOAMBA