Homélie du père Joseph pour l’Annonciation

Is 7, 10-14 ; 8, 10
Ps 39 (40), 7-8a, 8b-9, 10,11
He 10, 4-10
Lc 1, 26-38

Frères et sœurs en Christ,

Chaque année, nous fêtons Noël le 25 décembre. Aujourd’hui, le 25 mars, c’est à dire 9 mois avant la nativité de Jésus, nous fêtons l’Annonciation du Seigneur.

9 mois, c’est le temps pour qu’un fœtus, un tout petit bébé se forme dans les entrailles de sa mère. Pendant l’angélus que l’Eglise prie tous les jours à midi, nous disons «  et le verbe s’est fait chair, et il a demeuré parmi nous », cette parole est cité dans l’Evangile de saint Jean au chapitre 1, le Seigneur s’est fait chair vraiment , il n’a pas fait semblant. Il devient semblable à chacun de nous en toute chose, sauf le péché. C’est pour cela qu’il a accepté de se développer, de grandir, petit à petit comme un fœtus dans les entrailles  de sa mère, concrètement ici c’est dans les entrailles de la vierge Marie.

Nous savons bien que c’est un évènement unique. Aucune autre femme de notre humanité ne peut avoir cette faveur accordée à Marie. Mais chacun de nous  peut vivre, d’une certaine façon cet évènement grandiose. Comme Marie qui a accueilli le verbe de Dieu qui s’est fait chair et s’est formé dans ses entrailles, moi aussi, je peux vivre cette expérience à ma façon. Comment je peux accueillir le même Verbe-la parole de Dieu dans mon cœur afin qu’elle se forme dans ma chair, qu’elle fasse partie de ma vie, qu’elle devienne ma vie ? C’est la question pertinente que chacun de nous doit se poser. En contemplant la vie de Marie, je vous invite à méditer sur le « oui » de Marie. Elle a dit « oui » avec la parole de Dieu  ancrée dans son cœur.

Dire « oui » avec la parole de Dieu pour des choses qui nous conviennent, ce n’est pas trop difficile. Mais dire « oui » à sa parole même si parfois cette parole est difficile à comprendre ou dure à accepter, ce n’est pas facile ni pour Marie ni pour nous.

« Comment cela va-t-il se faire, puisque je ne connais pas d’homme ? ». Pour répondre à sa question, l’ange Gabriel l’a expliqué (vous l’avez écouté dans l’évangile). Elle concevra un fils par la puissance de l’Esprit-Saint. Je crois que Marie n’a pas encore compris à ce moment-là: ce qu’était la conception par l’Esprit-Saint. Et d’ailleurs, par cette acceptation, elle est devant le risque de sa vie. Car dans le cas où  Joseph n’aurait pas reconnu Jésus comme son enfant, Marie aurait été lapidée à mort à cause du péché d’adultère. Mais par la foi et la confiance en Dieu, Marie a accepté la parole de Dieu et par ce oui, elle ouvre largement son cœur à la venue du sauveur.: et le Verbe s’est fait chair ».

Il arrive la même chose pour nous: les messages évangéliques sont parfois très durs pour nous: « Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, »; « Si quelqu’un veut venir après moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix, et qu’il me suive »; ou bien le message des béatitudes: heureux les pauvres, heureux les doux, heureux les affligés… car le royaume des cieux est à eux. Dans ce monde de consommation marqué par l’individualisme, ces messages semblent un peu démodés, un peu obsolète. Mais pour Dieu, c’est le chemin de la libération, le chemin vers la vraie liberté, vers le vrai bonheur.

Nous sommes dans un temps de confinement dû à la pandémie. Ni messe, ni baptême, ni mariage, ni activités pastorales quelles qu’elles soient, c’est difficile pour nous croyants, mais l’Eglise reprend les consignes du gouvernement et nous invite à les appliquer. Car ces consignes ne sont pas seulement  la loi, mais c’est aussi l’amour et la charité envers nous-mêmes et envers nos prochains. L’Eglise nous invite à dire « oui » à ces consignes car elles nous aideront à sortir de la peur pour retrouver la paix. Chaque soir, nous voyons à la télé, nous écoutons les applaudissements pour encourager les médecins, les chercheurs et les personnels soignants. Ils ont dit « oui » à leur mission professionnelle . Ils doivent affronter tous les jours le risque de contamination. Bravo à eux et demandons au Seigneur de leur donner la force, le courage et surtout la confiance comme Marie qui s’est totalement confiée à la puissance de Dieu, « car rien nest impossible à Dieu ». 

Frères et sœurs, en fêtant l’Annonciation du Seigneur aujourd’hui, demandons-lui d’augmenter encore notre foi et notre confiance en la puissance de Dieu, afin que nous osions dire « oui » comme Marie  pour accueillir la parole de Dieu dans nos cœurs; afin que cette parole s’imprègne dans notre chair et qu’elle anime notre vie. Et qu’en cela,   nous puissions traverser avec le Seigneur toutes les difficultés et les épreuves de la vie. Que Marie, notre dame du perpétuel secours, et notre Maman nous accompagne toujours par son intercession et par sa consolation. Amen.

Père Joseph