Homélie du 3ème dimanche de Carême, père Joseph

Ex 17, 3-7

Ps 94 (95), 1-2, 6-7ab, 7d-8a.9

Rm 5, 1-2.5-8

Jn 4, 5-42

 

Frères et sœurs en Christ!

En ces jours où le monde entier s’inquiète devant la menace de l’épidémie de coronavirus, nous devons et nous allons continuer à prier pour toutes les victimes : les défunts ainsi que les vivants contaminés. Nous prions aussi pour tous ceux et celles qui travaillent dans le domaine de la santé: médecins, infirmiers,  aides-soignants… prions spécialement pour les chercheurs, afin qu’ils puissent trouver le vaccin pour lutter contre l’épidémie. De plus, nous observons les consignes données par le gouvernement mais aussi par notre évêque. Concrètement, depuis aujourd’hui, il n’y plus de messes dominicales et quotidiennes pour les fidèles jusqu’à nouvel ordre. Bien-sûr, vous pouvez communier dans la prière avec tous les prêtres qui disent chaque jour la messe en privé.

En cette situation difficile, la foi de plusieurs d’entre nous est peut-être mise à l’épreuve. Le Seigneur est-il au milieu de nous, oui ou non ? Est-ce qu’il  est là pour nous aider à dépasser cette épreuve. C’est aussi la question que le peuple de Dieu, dans la première lecture, a posé. Ils viennent de quitter une terre d’esclavage en Égypte pour se rendre vers la Terre promise. Mais pour y parvenir, il faut traverser le désert. Cela n’est possible qu’en allant d’un point d’eau à un autre. Cependant, à l’étape de Réphidim, il n’y a plus d’eau. Cela devient très grave ; c’est une question de vie ou de mort. C’est pour cela que les Hébreux se révoltent contre Dieu et Moïse : « Il vaut mieux être esclaves et vivants que libres et morts ». Dieu n’aurait-il pas oublié sa promesse faite à  leurs pères: Abraham, Isaac et Jacob ?

Pas du tout, le Seigneur n’a jamais cessé de nourrir et d’abreuver son peuple rebelle : il lui a donné l’eau et aussi la nourriture dont il avait besoin pour reprendre des forces. Il a fait sortir de l’eau du rocher. Dans toutes les circonstances, Dieu trouvera toujours des moyens de faire couler la vie de manière inattendue. Mais cela exige d’avoir confiance en Lui.

Ce texte biblique nous rejoint dans ce que nous vivons. Comme les Hébreux au milieu du désert doivent subir le manque d’eau, de nourriture et de sécurité, nous aussi,  au milieu de l’épidémie, nous subissons le manque de beaucoup de choses :  équipements médicaux,  masques,  gels hydro alcooliques pour se laver les mains,  nourriture dans certains pays,  cours pour les élèves. Aujourd’hui, nous devons même nous priver de l’eucharistie. Et pourtant, Dieu trouvera toujours des moyens de faire couler la vie de manière inattendue. Nous avons beaucoup de messes en ligne aujourd’hui, nous pouvons méditer la parole de Dieu par les commentaires sur le site de notre paroisse. Nous pouvons visiter nos frères et sœurs malades par un coup de téléphone, une carte postale… Dieu compte beaucoup sur notre créativité, sur notre solidarité et aussi sur notre prudence afin de protéger nos frères et nos sœurs contre la menace de l’épidémie.

En ces jours, en voyant les efforts de tous les médecins, les infirmiers, les aides-soignants…bref, de tous ceux et celles qui travaillent dans le domaine de la santé, je me souviens de  l’exemple de sainte Mère Térésa de Calcutta. Un jour, en méditant devant le croix du Christ, elle a découvert la soif de Dieu à travers une des paroles que Jésus a dite sur la croix : « j’ai soif ». C’est la soif d’amour de Dieu pour l’homme. C’est aussi la soif d’un véritable amour de la Samaritaine que Jésus a rencontrée au bord du puits de Jacob, et que seulement Lui peut remplir par son amour immense et indéfini. Depuis de jour-là, sainte Mère Térésa a donné toute sa vie pour servir les pauvres, les malades les plus abandonnés, pour servir des personnes qui ont soif d’amour de Dieu et de la présence du prochain.

Frères et sœurs, aujourd’hui, comme les Hébreux dans le désert, comme la Samaritaine au puits de Jacob,  nous sommes invités à courir vers le Seigneur pour puiser à la source de vie, la source d’amour qui comble toutes les soifs. Et comme sainte Mère Térésa, nous sommes aussi invités à apporter cette source de vie à nos frères et sœurs par nos engagements concrets et efficaces, surtout en ce temps urgent de lutte contre l’épidémie.

Que le Seigneur bénisse nos engagements pris aujourd’hui.  Amen.

 

Père Joseph