Homélie du 2ème dimanche de carême, année A

Gn 12, 1-4a
Ps 32 (33), 4-5, 18-19, 20.22
2 Tm 1, 8b-10
Mt 17, 1-9

L’Église nous propose chaque année, pendant ce temps du Carême où les chrétiens montent lentement vers la fête de Pâques, la lecture du récit de la Transfiguration.

Une transfiguration de Jésus qui nous le montre dans sa divinité, et sa gloire. Citons quelques éléments qui interpellent notre foi en ce temps de Carême.

D’abord la montagne : dans la Bible, c’est le lieu de la théophanie, le lieu de la révélation : la présence et la manifestation de Dieu. C’est le lieu où Dieu exhorte son peuple à écouter Jésus son Fils, en qui il a mis tout son amour, à écouter surtout son enseignement.

La montagne est le lieu où la Table de la Loi a été remise à Moise. C’est le lieu où les béatitudes ont été proclamées par Jésus.

Ce sont des hommes comme Moïse et Élie que Dieu y rencontre. Ils représentent la Loi et les Prophètes, c’est-à-dire la révélation divine d’avant Jésus.

Ensuite la Lumière resplendissante de Dieu. Jésus est transfiguré de lumière. Il est l’ultime manifestation de Dieu. C’est ce que signifie la nuée lumineuse.

La nuée manifeste la présence de Dieu : pendant l’Exode, la nuée précédant le Peuple libéré de l’esclavage, signifiait la présence et la compagnie de Dieu.

Aujourd’hui encore, Dieu nous accompagne dans tout ce que nous vivons. Sommes-nous toujours conscients de la présence bienfaisante et protectrice de Dieu ?

Et enfin l’invitation en une sorte d’impératif, comme au jour du baptême de Jésus : « Celui-ci est mon fils bien-aimé, écoutez-le !». Jésus est la Parole Vivante de Dieu. Nous devons, chaque jour, écouter la Parole de Dieu. Elle est une nourriture pour notre vie.

La carte routière du chrétien est la Parole de Dieu. C’est sur elle qu’il évalue ses égarements et trace son itinéraire.

Cette voix du Père exclut toutes les nombreuses voix, tous ces bruits en nous et autour de nous que nous sommes appelés à taire en ce temps de Carême pour écouter Dieu qui nous parle, et pour écouter l’humanité fragile qui crie vers nous ses malheurs et ses angoisses, en appelant à notre sens de la solidarité, de l’accueil, du partage, de la réconciliation et du service.

Jésus se met à briller comme le soleil, sous les yeux de ses trois disciples : Pierre, Jacques et Jean. C’est le signe qu’il est le dernier à révéler Dieu, celui qui surpasse tous ses prédécesseurs. Jésus est l’ultime manifestation de Dieu.

Témoins de l’expérience consolante et heureuse de la transfiguration, après avoir fait une telle expérience spirituelle, Jésus ne veut pas que ces trois disciples en restent là dans leur joie, sans s’engager pour les autres.

Jésus leur demande d’aller vivre, témoigner de cette gloire du Tabor dont ils ont été bénéficiaires. Ils doivent descendre du mont Tabor pour pouvoir faire une autre montée : celle du Calvaire.

La vie chrétienne est un va-et-vient incessant, un mouvement alternant joie et peine, montée et descente, consolation et désolation, mort et résurrection, comme la vie du Christ lui-même.

Le carême est un temps des recommencements dans la foi, dans la responsabilité humaine ou professionnelle, dans l’amour familiale, dans le pardon à donner, dans la paix à découvrir, dans le bonheur à partager.

Jésus se transfigure aujourd’hui là où les visages sont défigurés par les injustices, les discriminations, l’exil, la guerre, les angoisses, les jalousies, les rivalités.

Comme Pierre, Jacques et Jean, nous avons tous besoin d’une transfiguration pour tenir bon.  La fête des laboureurs en est une.

Pendant des mois, les 4 classes de l’école de Fauconnières ont participé à la confection des chars, les ont ornés de rubans pour le défilé. Bien entendu, le vin a bien coulé, transfigurant la fatigue, les soucis, la tristesse en joie, joie des retrouvailles, joie de faire revivre une ancienne fête, joie de la collaboration. Les symboles de la fête sont là : le triomphe, la fourche, le pain béni.

Les femmes se sont données un vrai plaisir à prévoir tout ce qu’il faut pour une journée de fête bien gaie. Les bugnes sont bien appétissantes. Et tout cela pour une cause très noble : se rassembler et perpétuer la tradition, (respect de la tradition), resserrer les liens entre laboureurs, revaloriser la vie et le métier du laboureur, animer la commune de Montélier.

Les enfants des 4 classes de l’école de Fauconnières ont fait leur premier char. Bravo.

L’équipe des anciens et futurs présidents vivait déjà la joie de la fête en préparant cette messe. Merci pour le repas. Merci  à Oriane pour son histoire de machine à laver qui fait de la  mousse.

Cette fête des laboureurs en appelle au sens de la solidarité, de l’accueil, du partage, de la réconciliation dans la famille, dans la commune de Montélier. C’est la fête de la transfiguration à Fauconnières. La journée va se passer en festins et en danses. Qu’elle soit gaie. Qu’elle soit belle.

Cette année la fête des laboureurs célèbre ses noces de chêne (1928-2020=80 ans).80ème  éditions pour le bonheur de tous. Le thème cette année est : 80 dans les sens ».  Ce chiffre est très significatif :

Le nombre 80 est employé 16 fois dans la Bible. Les mots « Fils de l’homme » reviennent 80 fois dans la Bible de Crampon.

Le 80 fait référence au pouvoir,  à la puissance, à l’autorité, à l’énergie. Le porteur de ce nombre a souvent une attirance pour la réussite matérielle.

Le 80 donne des qualités de détermination et de persévérance qui permettent habituellement d’atteindre ses objectifs de réussite.

Le 80 symbolise les entrepreneurs, hommes d’affaires,  pionniers, fonceurs, personnes prospères.

Seigneur, en ce temps de Carême, vient transfigurer nos vies, la vie des laboureurs. Aide-nous aujourd’hui déjà à construire un monde meilleur, plus juste, plus fraternel, plus accueillant, plus solidaire qui reflète ta présence et préfigure ta gloire éternelle. Amen.

Père Mathias