2ème dimanche du temps ordinaire, année A

Is 49, 3.5-6
Ps 39 (40), 2abc.4ab, 7-8a, 8b-9, 10cd.11cd
1 Co 1, 1-3
Jn 1, 29-34

 

La célébration du baptême du Seigneur, dimanche dernier, clôt le cycle des célébrations liturgiques liées à la manifestation de Dieu dans l’histoire humaine : manifestation inaugurée par la Nativité du Christ dans la nuit de Bethléem.

Manifestation prolongée et ouverte à l’alliance universelle par la vénération des Mages à l’Epiphanie.

Manifestation inaugurale du ministère public de Jésus par son baptême avec Jean-Baptiste. Et nous entrons maintenant dans le cycle du temps ordinaire.

Nous entrons aussi dans la semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Le thème, préparé par les chrétiens de Malte et Gozo est : « Ils nous ont témoigné une humanité peu ordinaire » (Actes 28,2)

les lectures de ce dimanche veulent nous faire comprendre que nous sommes tous, en tant que baptisés, des appelés. Nous avons une mission à remplir, au service de Dieu, à la manière de Jean-Baptiste, de Paul de Tarse, du Christ Lui-même. Cette mission est : l’annonce de la Bonne Nouvelle du salut.

Dans la première lecture, le prophète Isaïe souligne la mission exceptionnelle d’un élu du Seigneur qui, totalement pénétré de Dieu, sera la lumière de toutes les nations. De quel serviteur est-il question ? C’est le Christ, le serviteur par excellence : Fils de Dieu, l’envoyé  du Père, il est la lumière de l’humanité tout entière, par sa vie et ses enseignements.

Alors, tout baptisé est un appelé. Quel que soit son état de vie, son intelligence, sa culture, sa situation de fortune, il a une mission à remplir, bien que cette mission puisse revêtir des formes diverses. Cette mission est : « Travailler avec le Christ à étendre le Règne de Dieu » : un Règne de justice et de paix, de solidarité et d’amour.

C’est bien le vœu que le Christ met sur nos lèvres quand il nous fait dire : « Que ton règne vienne sur la terre comme aux cieux ». Mais comment œuvrer pour que ce vœu, si cher au Christ, se réalise ? N’est-ce pas être auprès de nos frères et sœurs :

-Porteurs de la justice de Dieu. Elle est loin d’être instaurée dans nos familles et nos sociétés.

-Porteurs de la joie de Dieu, par la proclamation de l’espérance évangélique et le rayonnement de notre propre joie.

-Porteurs de l’amour de Dieu. Dieu aime tous les hommes. Aimer le frère et la sœur de l’amour dont Dieu les aime.

Est-il une mission plus belle, plus enthousiasmante ? La remplir, c’est réussir sa vie, puisque c’est la consacrer au service de l’Amour.

Chaque homme compte infiniment pour Dieu : «  Oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. ».

Chacun est précieux dans l’amour du Père, au-delà de ses erreurs, de ses échecs, de ses faiblesses, de ses misères, de ses doutes, de ses manques de confiance en soi et de ses déprimes…

La tendresse de Dieu est sans limite. Dieu porte sur les petits, les humbles, les pauvres un regard différent du nôtre. Mais ceux-ci ne pourront le croire que si nous en sommes le signe authentique par notre compassion, notre respect, notre solidarité.

Le destin humain d’un enfant, d’un jeune, d’un homme ou d’une femme, se joue dans le regard cruel ou miséricordieux, impitoyable ou bienveillant, indifférent ou attentif, négatif ou encourageant…

Baptisés, disons chaque jour : «  Oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. » « Seigneur, donne-moi tes yeux ». Ainsi nous serons des témoins pour dire aux hommes qu’ils ont du prix aux yeux de Dieu. Dieu compte sur nous pour être des porteurs d’espérance et de lumière pour toute l’humanité.

Demandons au Seigneur qu’il nous éclaire tous comme il l’a fait pour Isaïe, Jean-Baptiste et Paul, et qu’il nous donne la force d’être comme eux des témoins de son amour.

Père Mathias