3ème dimanche de l’Avent, année A

Is 35, 1-6a.10
Ps 145 (146), 7, 8, 9ab.10a
Jc 5, 7-10
Mt 11, 2-11

Ce 3ème dimanche de l’Avent est celui de la joie. Pour nous chrétiens, c’est la joie de Noël, c’est la naissance de Jésus, sa venue dans notre vie et notre monde.

Avec lui, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée aux petits, aux pauvres et aux exclus de notre monde. Ce 3ème dimanche nous donne un message d’espérance.

Dans la première lecture, le prophète Isaïe s’adresse à des gens qui viennent de vivre quarante ans en terre d’exil. Il leur annonce qu’ils vont être libérés. Ils vont pouvoir revenir sur la terre de leurs ancêtres.

C’est un monde nouveau qui se prépare : tous sont invités au retour, y compris les aveugles, les sourds, les boiteux, les muets. Tous ces gens étaient exclus des lieux saints à cause de leurs infirmités. Désormais, ils vont pouvoir y retrouver toute leur place. C’est une joie débordante.

Le prophète Isaïe nous dit que cette joie fait fleurir le désert. Ce désert, c’est quand notre vie est aride, quand elle est sans l’eau de la Parole de Dieu et de son amour. Mais face à toutes ces difficultés, nous ne devons pas nous décourager :

Dieu nous montre toujours la grandeur de sa miséricorde. Il nous donne la force pour avancer. Il est toujours là pour nous aider à aller de l’avant. Avec lui, il n’y a pas de situation désespérée. Il n’a jamais cessé de nous aimer. Cette bonne nouvelle nous comble de joie.

Avec l’Évangile, nous assistons au cheminement de Jean Baptiste. Il vient d’être incarcéré car il gênait les autorités en place. Cela ne l’empêche pas d’être tenu au courant par ses disciples de la manière dont se déroule la mission de Jésus.

Jean Baptiste avait annoncé le jugement imminent et l’épuration des pécheurs. Ce qu’il entend dire de Jésus ne correspond pas à ce qu’il avait annoncé. Il envoie donc ses disciples pour lui poser la question la plus importante : « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? »

Jésus répond en énumérant les signes qui caractérisent son ministère : guérisons multiples, purification des lépreux, résurrection des morts et surtout la bonne nouvelle annoncée aux pauvres.

Ces pauvres à qui Jésus s’adresse, ce sont les petites gens, doux et humbles de cœur, affligés, artisans de paix. À la différence des sages et des savants, les tout petits accueillent les secrets du Royaume.

C’est important pour nous aujourd’hui : nous ne pourrons être en communion avec Jésus que si nous nous ajustons à son regard sur les petits, les pauvres et les exclus. C’est vers eux qu’il nous envoie. À travers eux, c’est lui qui nous attend.

Nous avons besoin qu’il ouvre nos yeux, nos oreilles et surtout notre cœur à leurs détresses. C’est avec Jésus que la joie de l’Évangile est annoncée aux pauvres. Si nous avons compris cela, ce dimanche sera vraiment celui de la joie.

L’Évangile se termine par l’éloge de Jean Baptiste. Jésus dit aux foules qu’il est bien plus qu’un prophète. Il est le messager annoncé par Malachie pour préparer la venue du Seigneur dans son temple.

Mais Jésus ajoute que le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. Il ne s’agit pas d’une comparaison entre deux personnes mais d’une évaluation de deux temps.   Avec Jean Baptiste, c’est la fin de l’Ancien Testament. Avec Jésus, c’est le commencement du nouveau. Nous passons de l’attente à la réalisation. C’est l’irruption radicale du Royaume.

Noël est proche : cette fête nous invite à accueillir le Seigneur qui frappe à notre porte. Sa venue nous remplit de joie. Cette joie, nous sommes appelés à la partager aux autres en apportant réconfort et espérance aux pauvres, aux malades, aux personnes seules et malheureuses.

Que la Vierge Marie « servante du Seigneur » nous aide à écouter la voix du Seigneur dans la prière. À travers nos frères, c’est lui que nous servons. C’est en lui que nous trouvons la source de notre joie. Qu’il nous donne de nous ouvrir au salut qui vient, au vrai sens de Noël.

Que le Seigneur nous donne d’être à la fois messagers et signes de joie et d’espérance pour notre monde d’aujourd’hui. Amen

 

Père Mathias