1er dimanche de l’Avent, année A

Gn 3, 9-15.20
Ps 97 (98), 1, 2-3ab, 3cd-4
Ep 1, 3-6.11-12
Lc 1, 26-38

1er dimanche de l’Avent, nous commençons notre pèlerinage spirituel vers Noël pour accueillir avec joie Jésus, l’Emmanuel : Dieu avec nous. Nous entrons dans la nouvelle année liturgique A, durant laquelle nous lirons l’évangile selon Saint Matthieu.

            Nous avons allumé la première bougie. Comment nous préparer intérieurement à accueillir l’Emmanuel aujourd’hui ? Le prophète Isaïe annonce qu’il apportera la justice et la paix. Sa lumière changera le monde et sa loi ouvrira de nouveaux chemins pour transformer les instruments de guerre en outils de paix : « de leurs épées, ils forgeront des socs et de leurs lances, des faucilles. »

Si toutes les armes utilisées actuellement dans les conflits qui ravagent la planète étaient transformées en socles de charrue et en faucilles, il y aurait de quoi labourer toute la planète et de quoi procurer à manger aux milliards d’êtres humains qui souffrent de la faim.

Le prophète nous demande de transformer toutes les épées et toutes les lances de nos petits conflits quotidiens en instruments de travail pouvant servir à la construction d’une famille unie, d’une communauté humaine et d’une société plus aimante et plus juste.

Chaque fois que deux nations laissent tomber les armes pour entrer en dialogue, elles marchent vers le temple de l’amour. Lorsqu’elles veulent assurer les droits de l’un et de l’autre et le respect des uns et des autres, elles cheminent vers l’unité qu’est Dieu avec nous.
Chaque fois que le savant travaille dans son laboratoire sur des cellules afin de produire un médicament contre le cancer ou le sida, il est dans la barque de l’amour et en marche vers la montagne du Seigneur, la lumière de Dieu avec nous.
Lorsque qu’un baptisé vit et agit, tendu vers le « jour du Seigneur » qui pointe à l’horizon, il doit rejeter « les activités des ténèbres ».

Saint Paul nous en cite quelques-unes : « ripailles, beuveries, orgies, débauches, disputes, jalousies. Elles endorment l’esprit, le cœur et l’âme et nous empêchent de veiller. Ce sont des somnifères spirituels.

Paul nous recommande de ne pas nous laisser submerger par les préoccupations matérielles même si elles sont nécessaires. Notre priorité doit être de rester unis au Christ et de vivre en enfants de lumière.

Jésus nous adresse un appel à la vigilance : « Veillez ! ». L’incertitude est meilleure conseillère, dit-on souvent.  Si au volant de notre voiture, nous ne restons pas éveillés, nous allons tout droit à l’accident.

            Être éveillé signifie ne pas s’endormir sur nos lauriers, dans l’insouciance, comme au temps de Noé.

            Avant le déluge, les gens « mangeaient, buvaient, se mariaient ». Tout se passait comme toujours. On s’était installé dans la routine. N’est-ce pas encore ce qui se passe trop souvent autour de nous. Il est urgent d’en sortir.

            Le temps de l’Avent est un moment d’attente et d’espérance. Ce n’est pas comme on attend le docteur dans une salle d’attente. Il s’agit d’être attentifs, actifs et bien éveillés pour ne pas manquer ce rendez-vous définitif.

            Cette attitude de veille se vit d’abord dans la prière : « Veillez et priez », nous dit le Christ. Nous pouvons nous unir à la prière des personnes malades et à celle de toute l’Eglise.    

            C’est dans la prière que nous essayons de veiller. Ce contact régulier avec le Seigneur nous permet d’être plus attentifs aux « réalités d’en haut ». La prière nous aidera à changer notre regard sur nous-mêmes, sur le prochain, sur l’Eglise et sur le monde.

L’Avent doit donc être un temps d’intense préparation à cette venue du Sauveur, le temps de monter dans la barque, de marcher vers lui, Dieu avec nous. Prenons au sérieux l’appel à la vigilance contenu dans le message de ce dimanche.

Puisse ce temps de l’Avent être vraiment le temps où notre cœur apprend à devenir un cœur d’homme, un cœur à l’image du cœur de Dieu, un cœur plein d’amour, de pardon, de joie et de vérité, un cœur plein de justice et de paix.
            Nous demandons à la Vierge de l’Avent de nous accompagner tout au long de ce temps de préparation à Noël. Comme aux noces de Cana, elle nous redit : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Nous faisons nôtre cette prière :

«  Marche avec nous, Marie, sur nos chemins de foi,
Ils sont chemins vers Dieu, ils sont chemins vers Dieu. »

Père Mathias Doamba