Homélie, fête de Christ-Roi

2 S 5, 1-3
Ps 121 (122), 1-2, 3-4, 5-6
Col 1, 12-20
Lc 23, 35-43

Nous terminons le cycle liturgique de l’année C par la fête du Christ-Roi. L’Eglise nous propose de contempler aujourd’hui le visage du Christ-Roi de l’Univers.

Car c’est en vue de ramener et de consolider la paix par le Règne du Christ dans une société alors en mal d’être, que le Pape Pie XI a institué la fête du Christ-Roi en 1925. Elle a été instituée pour signifier que les nations devraient obéir aux lois du Christ.

En cette fête du Christ-Roi, l’évangile de Luc rapporte la mort du Christ en croix. On aurait pu s’attendre à un autre texte, mais celui-là va nous introduire à une royauté particulière.

Les chefs religieux bafouaient ce prétendu Messie : Si Jésus est si puissant, s’il est vraiment le Fils de Dieu, s’il est l’Élu annoncé par les prophètes, s’il est celui qui a donné du pain aux foules, eh bien ! Si tu es le roi des juifs, sauve-toi toi-même. Nous croirons en toi plutôt que de croire en l’empereur.

Le temps de la preuve vient d’arriver. Le temps est venu de voir ce roi à l’œuvre. Les chefs religieux commandent le miracle pour croire en lui.
A la question de Pilate : « Alors, tu es roi ? », Jésus répond sans ambigüité : « Ma Royauté ne vient pas d’ici, si ma Royauté était de ce monde, j’aurai des gardes qui se seraient battus pour que je ne sois pas livré aux juifs ».

La Royauté  de ce monde rime avec luxe et richesse matérielle, gloire et honneur, force et puissance. Le Christ est Roi, à la manière de Dieu, selon le cœur de Dieu : Roi humble, Roi serviteur, Roi ami de la vérité et de l’amour, Roi qui attire et rassemble. L’amour et l’humilité sont ses armes de prédilection.

Où est son armée ? Où sont ses soldats ? Pour défendre sa royauté, Jésus utilise les armes de la bienveillance, le regard qui réconforte, la parole qui guérit, la main tendue qui sauve, l’agenouillement qui permet à l’autre de se relever et de se tenir debout.

Un des crucifiés dit à Jésus : « Souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton règne ». Attitude de confiance d’un hors-la-loi, d’un hors-la-foi.
En lui-même il se disait : je crois à cette personne, Jésus. Je veux être avec Lui dans cette réalité du nouveau royaume. Je désire l’unité avec Dieu. Je crois que son royaume est beau et vrai. Je crois que tout ce qu’il a annoncé au sujet d’un règne d’amour et de paix va se réaliser.
Et Jésus lui dit : amen (oui, en vérité) je te le déclare : « aujourd’hui, avec moi, tu seras dans le Paradis » Jésus sauve, il réconcilie à lui tout être sur la terre et dans les cieux.
Frères et sœurs, comment devrions-nous obéir aux lois du Christ ?

Honorer le Christ-Roi, c’est écouter sa voie, c’est agir avec Lui contre toutes formes d’exclusion, c’est agir en rassembleur. La vie du Christ-Roi n’est rien d’autre que le service dans l’humilité : servir et servir jusqu’au don total de sa vie.

Nous participons à la construction du Royaume de Dieu à travers des gestes concrets d’accueil, tel un sourire, un regard respectueux et aimant et des gestes de réconciliation et de paix. La puissance véritable réside dans l’abaissement et le don de soi, l’amour et l’humilité.

Le Royaume du Christ est là lorsqu’on travaille à ce que tout homme naisse à lui-même, soit lui-même, soit respecté dans ses droits et ses devoirs.

Il est là lorsqu’on porte souci des plus défavorisés, des plus démunis, de ceux qui sont blessés par le mal, par les évènements de la vie.

Car le Christ est présent aussi et surtout dans les pauvres, les petits, les démunis, tous ceux qui souffrent. Le Royaume du Christ est là lorsqu’il y a des artisans de paix qui se rencontrent, qui dialoguent, s’écoutent, s’aiment et se pardonnent comme le Christ.

Il est là lorsque des hommes se mettent en état de service vis-à-vis des autres, afin que le monde soit plus beau et plus humain.

Il est là, lorsque les institutions privées ou publiques sont vraiment au service de l’homme, de tout homme et de tous les hommes.

Le Royaume du Christ est là lorsque les hommes donnent leur vie pour les autres, comme l’ont fait le Christ et tant de parents, tant de chrétiens, tout au long de leur vie.

Le Royaume du Christ ne s’entend pas comme politique, mais expression totale d’amour. Faisons-en la ligne directrice de notre vie. C’est une Bonne Nouvelle à annoncer en paroles et en actes. C’est la mission que Jésus nous confie.

            Les chrétiens ne doivent pas oublier que dans le combat, l’arme principale est la prière ! C’est la prière qui nous donnera d’être forts, prudents et intelligents en vue de la paix, de la justice et de la vérité.

Christ-Roi, Toi qui es le Chemin, la Vérité et la Vie, touche nos cœurs, convertis-nous, afin que nous puissions, en tant que héritiers de ton Royaume, travailler à le construire et à le consolider chaque jour dans l’amour, le service et le don de soi,  dans l’humilité

            Tracer sur nous le signe de croix, c’est reprendre la prière du bon larron : « Seigneur Jésus, souviens-toi de moi, quand tu viendras dans ton Royaume. ». Ainsi nous aurons la ferme espérance qu’un jour Il  nous dira : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. ». « Ta confiance permet à mon amour de te sauver »

Au cœur de l’humanité, en Eglise nous sommes appelés à lever notre regard vers le Christ ressuscité, roi de l’univers, pour témoigner de cette espérance auprès de ceux qui n’ont pas comme nous la lumière de la Parole.

Le Christ nous appelle à participer à son œuvre de salut en aimant gratuitement notre prochain, au jour le jour, dans la vie familiale, professionnelle, sociale, attentifs en priorité aux plus petits.

Il nous envoie pour être des artisans d’unité, de justice et de réconciliation : « Là où est la haine, que je mette l’amour… Là où est la discorde, que je mette l’union ». (Saint François)

Père Mathias Doamba