Homélie 32ème dimanche du TO, année C

2 M 7, 1-2.9-14
Ps 16 (17), 1ab.3ab, 5-6, 8.15
2 Th 2, 16 – 3, 5
Lc 20, 27-38

Sur les tombes dans nos cimetières, que remarque-t-on ? Les noms des défunts y sont gravés, une croix également. Et parfois la photo du défunt y est. Tout cela montre que nos défunts sont vivants dans nos esprits. Ils ne sont pas morts. Ils sont passés de l’autre côté.

Le 2 novembre, certains chrétiens vont au cimetière pour un temps de recueillement et de prière, pour déposer une fleur sur la tombe. D’autres demandent qu’une messe soit célébrée pour leurs défunts. Ils les confient à la miséricorde du Seigneur.

« Je crois à la résurrection de la chair et à la vie éternelle », professons-nous chaque dimanche. Notre foi en la résurrection est le seul motif de notre prière pour les défunts.

La première lecture donne un témoignage extraordinaire. En Israël, les empereurs grecs imposaient leur civilisation, leur culture et leur religion. Mais ils  rencontraient une farouche résistance. Une mère et ses sept fils sont torturés et mis à mort de la manière la plus cruelle : ils refusent de renier leur foi. Ils témoignent ainsi de leur foi en la résurrection. Ils vivent dans l’espérance que Dieu les ressuscitera pour la Vie Eternelle.

Aujourd’hui, combien de chrétiens sont persécutés dans le monde à cause de leur foi. Leur fidélité nous interpelle : qu’avons-nous fait de notre baptême ?

Nous vivons dans un monde qui veut ignorer la foi des chrétiens ou qui la tourne en dérision. Soyons dans ces lieux des messagers de la Bonne Nouvelle du Christ.

L’apôtre Paul a été confronté à des « gens pervers » qui ne partageaient pas sa foi. Il nous invite à nous laisser réconforter par le Seigneur Jésus. En Lui nous trouvons la force et l’espérance dont nous avons besoin pour rester fermes dans la foi.

Dans l’Evangile, deux groupes s’affrontent sur ce grave problème de la résurrection des morts et de la Vie Eternelle : les Pharisiens et les Sadducéens. Rappelons-nous qu’au temps du Christ, la foi en la résurrection était toute neuve. Elle n’était pas encore partagée par tout le monde.

Les Pharisiens y croyaient fermement. Pour eux c’était une évidence que le Dieu de la vie n’abandonnerait pas ses fidèles à la mort.

Pour les Sadducéens, il n’y a ni âme, ni anges, ni résurrection. Pour tourner en dérision Jésus, et la croyance en la Résurrection, ils racontent une histoire inventée de toutes pièces sur les sept frères et la femme de l’aîné : « de qui sera-t-elle l’épouse dans l’au-delà ? ».

En effet, dans la loi du lévirat, lorsqu’un homme meurt sans descendant, son frère doit épouser la veuve, sa belle-sœur. C’est ce qui se passe encore en Afrique dans mon ethnie.

« À la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l’épouse ? » La réponse de Jésus est double :

D’abord Jésus leur dit que dans l’au-delà, les relations conjugales et la génération humaine sont dépassées. Il n’est plus question de concevoir la vie future de manière terrestre et matérielle : « Les enfants de ce monde se marient. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection. »

Ensuite, Jésus s’appuie sur la révélation de Dieu à Moïse : « Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. » À la suite de ces patriarches et de bien d’autres croyants, nous sommes tous appelés à une vie nouvelle que Jésus appelle le Royaume de Dieu.

Ce monde nouveau n’est pas la continuation de celui dans lequel nous vivons actuellement. Il est tout autre. C’est de cela que nous devons nous rappeler chaque fois que nous nous rassemblons à l’église pour des funérailles et chaque fois que nous évoquons le souvenir de nos défunts.

Au-delà de la mort, nous serons vivants en Dieu. Cette espérance doit nourrir notre prière. La mort n’est pas le terme ultime de la destinée humaine. Que cette foi en la résurrection soit enracinée dans nos cœurs, et rayonne en nous de toute sa lumière. Qu’elle soit assez forte pour nous faire envisager notre mort avec sérénité. Qu’elle soit dans nos deuils source d’espérance et de réconfort

Que la Vierge Marie, Reine du ciel et de la terre, nous confirme dans l’espérance de la résurrection. Qu’elle nous aide à faire fructifier par de bonnes œuvres la Parole de son Fils semée en nos cœurs. Amen

 

Père Mathias Doamba