Homélie de la Toussaint

(Ap 7, 2-4.9-14)
(Ps 23 (24), 1-2, 3-4ab, 5-6)
(1 Jn 3, 1-3)
(Mt 5, 1-12a)

 

La Toussaint n’a pas son origine dans les textes bibliques, comme : Noël, Pâques, Pentecôte. Après les persécutions, on a d’abord fait une célébration de tous les martyrs qui s’est étendue plus tard à tous les saints. 

La Toussaint, pour les uns c’est les vacances, pour d’autres, la messe, visite au cimetière, repas en famille, évocation des défunts. Que de facettes pour cette fête. On oublie la principale. La Toussaint est une grande fête de l’Eglise universelle. Fête de la communion des saints, de la communion entre ceux qui nous ont précédés et nous qui cherchons Dieu, communion entre tous et ce Dieu qui vient à nous par son Fils. La Toussaint est une fête joyeuse.

Qui sont ces élus, ces saints ? « Une foule immense d’hommes et de femmes que nul ne peut dénombrer », dit saint Jean dans son livre de l’Apocalypse. Tous ces gens viennent de divers horizons, du monde juif, ainsi que du monde païen. Ils sont pétris de la même argile que nous. Ils sont devenus les éternels vivants. Ils jouissent de la gloire même de Dieu.

Dans la seconde lecture, saint Jean  nous rappelle que nous sommes « les enfants bien-aimés de Dieu, tous appelés à partager sa gloire, tous appelés à la sainteté. On ne l’acquière pas par nos seules forces ni en accomplissant des performances spirituelles. C’est Dieu qui nous la communique.

Dans l’Évangile, le Christ, nous appelle tous au vrai bonheur. Il proclame les Béatitudes, charte du Royaume, vrai et seul chemin du Bonheur, de l’éternel Bonheur.

Notre société industrialisée nous fait croire que le vrai bonheur c’est d’être riche et en bonne santé plutôt que pauvre et malade.

Jésus nous parle du bonheur de ceux qui sont « pauvres de cœur, ceux qui sont persécutés pour la justice, ceux qui ont un cœur pur, ceux qui sont doux, ceux qui sont des artisans de paix, et ceux qui sont miséricordieux »

Ce passage est rude et étroit. C’est ce chemin qu’ont suivi les saints que nous fêtons en ce jour. Ceux que l’Eglise a canonisés et ceux dont les noms restent dans l’ombre : les saints anonymes.

Ces hommes et femmes ont suivi le Christ, de tout leur cœur, sans conditions, ni hypocrisies…Ils ont passé leur vie au service des autres, ils ont supporté les souffrances, et les adversités sans haine, et en répondant au mal par le bien, en répandant la Paix, et la Joie.

Ne croyons pas que la sainteté est inaccessible, ou offerte à quelques élites. Elle est pour tous. La sainteté n’est pas d’abord le fruit d’un effort de bonne conduite. Etre saint, c’est accueillir ce que Dieu nous offre gratuitement : sa présence, son amour. C’est lui faire de la place, afin qu’il vive au plus près de nous, pour notre plus grand bonheur.

« À la sainteté, disait mère Teresa, nous y sommes tous destinés, toi, moi et tous les autres…C’est une tâche aisée, car en apprenant à Aimer, nous apprenons à être saints ».

Nous sommes tous des saints, en gestation, en perspective. Pensons à Pierre qui a renié le Christ, Paul qui a persécuté les chrétiens, saint Augustin qui a passé toute une partie de sa vie dans la débauche… Leur rencontre avec le Christ a complètement bouleversé leur vie.

C’est ce que le Christ veut aussi pour chacun de nous : il est capable de venir nous chercher très loin et très bas.

Suivons le Christ avec courage, dans la foi en sa Parole, la prise au sérieux des béatitudes, l’amour de nos frères et sœurs. Un jour, le Ciel s’ouvrira pour nous comme pour les élus de Dieu, les Saints. C’est là notre espérance.

Dans notre marche vers la sainteté, Marie nous accompagne.  Sa sainteté est faite d’une telle disponibilité à l’Amour que l’Eglise reconnaît qu’elle est immaculée de conception. Et ce n’est pas pour rien qu’il y a dans MARIE (en français !) toutes les lettres du verbe AIMER.

Père Mathias Doamba