Homélie du 24ème dimanche du temps ordinaire, année C

Ex 32, 7-11.13-14
Ps 50 (51), 3-4, 12-13, 17.19
1 Tm 1, 12-17
Lc 15, 1-32

Dans le livre de l’Exode, nous trouvons l’histoire du veau d’or. Alors que Moïse était en présence de Dieu sur la montagne, les Hébreux se sont fabriqué une idole avec des bijoux fondus : le veau d’or. Puis ils se sont prosternés devant ce veau d’or.

Avec ses tables de la loi en mains, Moïse a l’impression que la colère de Dieu va tomber sur le peuple. Et face à la menace qui pèse sur ce peuple infidèle, il supplie Dieu : « tu ne vas tout de même pas abandonner ce peuple que tu t’es donné déjà tant de mal à libérer ». Et Dieu pardonne son peuple de ses infidélités

A l’exemple de Moïse, prions pour les décideurs politiques et économiques, chargés de veiller à la protection de la Création, notre « maison commune ».

Dans sa lettre à son meilleur disciple, Timothée, Paul rend grâce pour le pardon qu’il a reçu de Jésus. Pharisien, son idéal était d’éliminer les chrétiens, qu’il pensait être une secte dangereuse pour le judaïsme.

Le Seigneur lui a pardonné ses fautes. Il l’a chargé d’être le messager de son amour et de ses miséricordes auprès des nations païennes : il a fait de lui son apôtre.

Nous sommes tous des pécheurs pardonnés. Pour nous, le meilleur moyen d’exprimer notre reconnaissance, c’est de révéler à nos frères l’infinie miséricorde du Seigneur.

Le texte de l’Evangile d’aujourd’hui nous présente une rencontre de Jésus avec les publicains et les pharisiens. Ces pharisiens considèrent les publicains comme des pécheurs, ceux qui méprisent et ignorent les lois de Dieu, ceux qui ne respectent pas les lois de Dieu qui, à leurs yeux, font autorité.

Pour les pharisiens, les lois religieuses garantissent l’ordre social. Le comportement de Jésus constitue donc une menace à cet ordre. Alors, ils récriminent contre Lui parce qu’il mange avec eux.
Jésus révèle aux uns et aux autres la bonté et l’amour de Dieu à l’égard de tous les êtres humains. C’est pourquoi il présente deux paraboles pour les aider à percer ce mystère : la brebis perdue et la pièce d’argent égarée. Ces deux paraboles sont ponctuées par le même refrain : « Retrouver ce qui était perdu »

Qu’est-ce qu’une parabole ? Un élève africain dirait : c’est une grande antenne qu’on met sur le toit des maisons pour capter les images de la télévision.

Ici, c’est une petite histoire concrète destinée à faire comprendre une réalité encore plus concrète: nous-mêmes, notre vie de chaque jour. Elle jette la lumière inhabituelle de Dieu sur nos expériences habituelles.

D’abord, Dieu est comparé à un homme, un berger. Un berger perd une brebis et il se met à sa recherche. Une fois qu’il l’a retrouvée, il réunit ses amis et ses voisins pour partager sa joie.

Aux yeux de Dieu, chaque personne est importante et Dieu se sent lié à chaque personne par un lien profond.

Lorsque la personne coupe cette relation, Dieu ne cesse pas de l’aimer. Même lorsque l’homme s’éloigne de lui, Dieu poursuit l’infidèle de son amour, afin que le lien se rétablisse à nouveau. Il y a une grande joie dans le Ciel, car la joie est la conséquence de l’amour.
Ensuite, Dieu est comparé à une femme, une ménagère qui perd une pièce d’argent, soit son salaire journalier. Elle a tout remué dans sa maison, déplaçant et balayant tous les coins et recoins pour finalement retrouver ce qu’elle cherchait. Elle fait alors la fête avec ses amies et ses voisines.
Nous pourrions penser à Dieu comme une mère qui continue à aimer son fils malgré son passé criminel. Elle le visite en prison, le réconforte et lui apporte des petits gâteaux lors de ses rencontres hebdomadaires. Une maman n’oublie jamais son fils.

Cette mère n’aime pas moins ses autres enfants, mais elle porte une attention particulière à ce fils qui est mal en point.
Ces deux paraboles nous disent l’amour démesuré de Dieu pour le monde entier. Elles illustrent l’amour constant, fidèle et inlassable de Dieu pour chacun de nous, particulièrement pour les pécheurs. Dieu n’abandonne jamais personne. Il est miséricorde et pardon. C’est ainsi que son Fils nous le présente.

Pourquoi l’enseignement de Jésus est-il appelé l’Evangile, la Bonne Nouvelle. Il nous révèle que Dieu est Amour, Amour infini.

Dieu ne modifie pas son amour à l’égard de la personne pécheresse. Il est Amour pour tous et toutes. Et parce qu’il est Amour, il est un Dieu de pardon, à tel point que c’est une fête pour lui d’accueillir le pécheur repentant : « il y a de la joie pour un seul pécheur qui se convertit ».

Recevons ces paraboles comme des catéchèses sur Dieu. Elles nous invitent à accepter son amour pour tous et pour chacun d’entre nous, malgré nos péchés.

Père Mathias Doamba