Homélie de l’Assomption de la Vierge Marie, année C

1 Ch 15, 3-4.15-16 ; 16, 1-2
Ps 131, 7-8, 9-10, 13-14
1 Co 15, 54b-57
Lc 11, 27-28

L’Église fête aujourd’hui, l’Assomption de la Vierge Marie. Qui est Marie ? Peu de récits dans les Evangiles parlent de Marie.

Elle est cette « femme dont on n’a rien dit si ce n’est qu’elle était fiancée, avait rendu visite à sa cousine Elisabeth, avait accouché, avait cherché son Fils trois jours, était à Cana, était au pied de la Croix, avait prié avec les disciples ».

Et pourtant, au sujet de Marie, on n’en dira jamais assez. Nous ignorons le nombre de sanctuaires mariaux dans le monde, le nombre d’églises sous la protection de Marie. Des hommes et des femmes se rassemblent pour dire ensemble le chapelet. Ils ont gardé dans le fond de leur cœur une piété envers Marie. Nous avons à rendre grâce pour cette piété dite populaire qui en dit long sur la foi enracinée dans les cœurs.

            Rendons grâce à Dieu d’avoir choisi Marie parmi toutes les filles pour être la Mère du Sauveur, la Mère de l’Église. A la Vierge de Nazareth, Dieu a accordé deux privilèges : Immaculée Conception, elle est préservée des séquelles du péché originel. Assomption, elle est préservée de la  dégradation du tombeau.

L’Assomption de la Vierge Marie fit l’objet de la proclamation d’un dogme (c’est-à-dire une vérité essentielle de la foi catholique) par le pape Pie XII en 1950.

A l’Assomption, l’Eglise célèbre à la fois : la mort, la résurrection, l’entrée au ciel et le couronnement de la bienheureuse Vierge Marie.

Marie est  fille de Dieu parce qu’elle est une créature de Dieu. Elle est Mère de Dieu, parce qu’elle a enfanté Celui que le ciel et la terre ne peuvent contenir, la Source de la vie. Elle a porté le créateur du monde comme son enfant. Marie est sœur aînée et bien-aimée de l’humanité tout entière dont nous sommes.

Après l’Annonciation, Marie prend le chemin de la rencontre, le chemin de la Parole Elle est allée à la montagne de Judée pour rendre visite à Élisabeth. Emplie d’Esprit Saint, Élisabeth l’a bénie : tu es bénie entre toutes les femmes ». Elle l’a proclamée Mère de mon Seigneur, source de joie, béatitude vivante de la foi. Elle dit du bien du bébé : « et le fruit de tes entrailles est béni ».

Marie a répondu par le cantique du Magnificat : des paroles inspirées, qui laissent entrevoir son cœur. Ces paroles sont pour nous son « testament spirituel ». Marie célèbre les merveilles accomplies par le Seigneur au sein de son peuple.

Dans ce chant du Magnificat, Marie rend grâce à Dieu pour l’avoir choisie comme une humble servante. Elle se décentre d’elle-même et ne dit plus « je » mais « nous ». Elle s’identifie au peuple des pauvres, des humbles, des affamés, de tous ceux qui attendent le salut de Dieu.

Elle ne fait jamais cavalier seul. Elle se veut, au contraire, solidaire de son peuple, des disciples de son Fils, bref de tous les hommes.

Ce Magnificat n’est donc pas l’exaltation de la richesse, de la puissance, il est l’émerveillement devant Celui qui relève le pauvre, regarde les humbles, nourrit les affamés et maintient malgré tout la promesse d’alliance.

À l’exemple de Marie, l’Église, de tous les temps, continue à chanter tous les jours le Magnificat, comme son propre cantique. Il est devenu la prière par excellence de l’Eglise, l’emblème de l’Église en prière.

Marie est notre sœur aînée dans la foi et l’espérance. Avec elle, l’humble servante, l’Église voit ce à quoi elle est appelée :

Servir Dieu humblement dans notre quotidien qui est toujours une page que Dieu veut écrire avec nous de son histoire sainte qui se poursuit d’âge en âge.

Chanter Dieu qui est notre joie et qui nous invite à contempler les merveilles quotidiennes qui s’accomplissent par des cœurs qui se donnent à Lui et aux autres.

Marie est l’image de ce que nous sommes appelés à devenir : « des marcheurs de Dieu » et « des annonciateurs de la Bonne Nouvelle ».

L’Assomption de Marie renforce la promesse du Christ envers nous : « vivre auprès de Dieu pour l’éternité ». Et l’Eglise nous rappelle que, comme Marie, la vocation de l’être humain est d’entrer en relation avec son Créateur

Marie, Patronne principale de la France, Notre Dame du Perpétuel Secours, Notre Dame d’Afrique, Etoile du matin, Vierge de l’Assomption, guide-nous et soutient notre espérance encore en chemin, aide-nous à entendre chaque jour l’appel à servir et à louer Dieu de tout notre être, âme et corps, dans le service des plus pauvres. Amen

 

Père Mathias Doamba