Homélie du 19ème dimanche du temps ordinaire, année C

Sg 18, 6-9
Ps 32 (33), 1.12, 18-19,20.22
He 11, 1-2.8-19
Lc 12, 32-48

Aujourd’hui, la Parole de Dieu nous parle de l’attente. Quels sont les moments d’attente les plus beaux de notre vie ?

Quelle grande joie de nous préparer à la venue d’un ami ou de parents, d’un fiancé ou d’un copain. Quelle grande joie des parents qui se disposent dans leur cœur à la naissance de leur enfant.

Sachez que notre foi est tissée de grandes et belles attentes. Pour les principales étapes de la vie chrétienne, le baptême, le mariage, l’Eglise nous fait parcourir des chemins de préparation d’un véritable accueil du Seigneur.

Pendant le temps de l’Avent, nous attendons la venue du Sauveur parmi nous. Avec le Carême, la liturgie dispose notre cœur à faire le passage de la Pâque avec le Christ

Aujourd’hui, l’auteur du livre de la Sagesse nous parle du peuple de Dieu en attente de la réalisation des promesses du Seigneur auxquelles il avait cru : il était le Peuple qui vivait de l’attente et continuait d’exister grâce à elle.

En cette fête du 15 août, rappelons-nous que Marie a été la première à ouvrir la nouvelle marche de l’attente du Royaume. Avec Elle, avec les premiers chrétiens, mettons-nous en veille et disons :  Marana tha ! Seigneur viens.
« Vous aussi, tenez-vous prêts », tel est l’appel que nous lance Jésus dans l’Evangile. Il raconte une parabole pour nous montrer l’importance de l’attente

Une parabole qui est un peu étrangère aux habitudes des français. Dans ce monde industrialisé, on ne parle plus, ou plus officiellement, de serviteurs, de servantes, de domestiques. On n’a plus besoin d’allumer des flambeaux (sauf aux jeux olympiques) le soir ou des lampes à huile (elles n’existent que dans les musées).
Cette parabole est d’une autre culture, dira-t-on. Ça ne nous dit pas grand-chose, pourraient affirmer quelques chrétiens. Alors, pourquoi lire cette parabole à l’église ? »

Eh oui, c’est à travers ces récits anciens, ces images que Dieu veut nous parler et nous laisser un message pour aujourd’hui : la parabole du maître et ses serviteurs.

Les serviteurs se tiennent prêts, ne se laissent pas aller à dormir. Ils sont vigilants, ne pensent pas à eux d‘abord, mais au maître. Ils sont tournés vers lui, et veulent son bien. Ils veulent qu’il soit heureux et content. Ils s’oublient eux-mêmes.

N’est-ce pas l’attitude d’une mère de famille qui attend la naissance de son bébé, des grands-parents qui attendent l’arrivée de leurs petits-fils pour les vacances, d’un jeune qui attend le spectacle de son groupe rock préféré, d’un chômeur qui attend un travail etc.
Cependant, le maître arrive et la situation est renversée littéralement. Coup de théâtre. Les serviteurs tombent sur le dos. Ils n’en croient pas leurs yeux, leur maître se met à les servir. Il les fait manger.

Les serviteurs sont alors abasourdis, car ce n’est pas ainsi d’habitude dans la vie des maîtres et des serviteurs. Le maître se fait serviteur.
Quel message se dégage pour nous de cette parabole ? Le Maître de la Parabole qui revient des noces, c’est bien le Seigneur Jésus

Ne nous a-t-il pas dit clairement : « Je suis au milieu de vous comme celui qui sert », « Je suis venu pour servir et non pour être servi ». Lui, le Maître, ne vient pas pour dominer, écraser, mais pour servir. Il s’est fait serviteur pour servir ceux qui étaient à ses ordres.

« C’est un exemple que je vous ai donné », dit-il. « Faites ce qu’il vous dira », dit la Vierge Marie. « Comme Lui, savoir dresser la table, comme Lui, nouer le tablier se lever chaque jour et servir par amour comme Lui. », dit un chant de Robert LEBEL.  Nous sommes invités à imiter Jésus.
Pour Jésus, le service est une béatitude : « Heureux le serviteur que le maître trouvera en train de veiller ». Le service est un état de veille permanent. C’est être prêt, disponible, capable de réagir à l’appel de son maître, à l’urgence du moment, à l’appel du frère.

« Nul ne sait ni le jour, ni l’heure ». Jésus nous dit « vous rencontrerez un jour Celui que vous cherchez. Vous êtes ‘programmés’ pour une rencontre exceptionnelle, à ne pas manquer. Un jour quelqu’un frappera à votre porte, quelqu’un qui vous connaît bien et vous aime. Ce sera au soir de votre vie, ce sera le Grand Rendez-vous. Tenez-vous prêts dès maintenant, soyez prêts avec vos lampes allumées ».

C’est direct et clair : le disciple de Jésus se sait en marche vers une demeure où Jésus est déjà arrivé et où il l’attend. Marie, aide-nous à cultiver en nous l’esprit de service, à revêtir la tenue de service. Revêtir l’habit du serviteur, c’est choisir de devenir veilleur, c’est tout faire pour que notre vie soit remplie d’amour.

Garde-nous vigilants dans l’espérance, ouverts et accueillants aux signes de l’Esprit Saint. Alors ta venue, loin de nous surprendre, sera notre bonheur pour les siècles des siècles. Amen

Père Mathias Doamba