Homélie 15ème dimanche du temps ordinaire, année C

Dt 30, 10-14
Ps 68, 14, 17, 30-31, 33-34, 36ab.37
Ps 18b (19), 8, 9, 10, 11
Col 1, 15-20
Lc 10, 25-37

Aujourd’hui, 15ème dimanche du temps ordinaire, le Christ nous raconte la parabole du bon Samaritain pour nous amener à méditer sur le devoir de la charité fraternelle. Il nous fait ainsi comprendre que la loi chrétienne est une loi d’amour, que nos pratiques extérieures perdent toute valeur aux yeux de Dieu, si l’amour ne les inspire pas : « l’amour est notre unique loi ». « De la Parole aux actes » s’il vous plaît.

Pour être vrai, sincère et authentique, l’amour que nous avons pour Dieu, doit se prolonger et s’épanouir dans l’amour du prochain. Cet amour du prochain doit être vécu dans les réalités de chaque jour, dans la compréhension des autres, l’entraide fraternelle, le pardon des injures.

« Un homme est dépouillé, roué de coups et laissé à demi–mort ».

Deux hommes, un prêtre et un docteur de la loi croisent le chemin de ce malheureux. Tous deux connaissent bien le commandement : « tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur… Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Tous deux savent aussi que cet homme est devenu impur. Un simple contact avec lui les rendrait inaptes à la célébration du culte. Alors ils  le voient et passent de l’autre côté.

Carton rouge, donnerions-nous aujourd’hui au prêtre et au lévite pour «non-assistance à personne en danger de mort ». Plus une amande et un emprisonnement.

Un Samaritain arrive près du blessé, il le voit souffrant, il est saisi d’amour, de compassion et de tendresse pour lui. N’est-ce pas cela se rendre proche ? N’est-ce pas cela aimer, s’arrêter devant une souffrance en trouvant les mots et les gestes qui sauvent ?

Il s’approche, il nettoie ses plaies, il le charge sur sa propre monture, il le conduit dans une auberge et prend soin de lui. Il fait le SAMU. Il fait le Sapeur Pompier à la fois. Il a considéré et relié, proximité de la Loi et proximité de l’autre. Médaille du Mérite National.

Nous sommes là, en pleine proximité, une proximité faite d’attention, de mouvement concret vers l’autre, de secours effectif, de charité fraternelle : « Aime et ce que tu veux fais-le… si tu soignes, tu soignes par amour…Qu’au-dedans se trouve la racine de la charité. De cette racine ne peut sortir que du bon », nous dit saint Augustin.

C’est cela se faire le prochain de tout homme blessé aujourd’hui. Des blessés, il y en a tant sur le bord de la route, victimes du nouveau brigandage qu’est le profit sans morale, l’injustice instituée, le chacun pour soi normalisé, l’exclusion et le terrorisme, des blessés au cœur meurtri.

Le pape François nous dit clairement : « Je vois avec clarté que la chose dont a le plus besoin l’Église aujourd’hui c’est la capacité de soigner les blessures et de réchauffer le cœur des fidèles, la proximité, la convivialité. Je vois l’Église comme un hôpital de campagne après une bataille ».

« Lequel des trois, à ton avis, a été le prochain de l’homme blessé ? »

Le docteur de la Loi répond : « Celui qui a fait preuve de bonté envers lui. » autrement dit, c’est l’étranger, le schismatique et l’hérétique, qui a mis en œuvre la miséricorde et la bonté envers le blessé. Il a vu ce que le prêtre et le lévite n’ont pas pu voir.

Pour le Christ, on ne choisit pas qui sera le prochain mais on se fait le prochain de tous. Et  Jésus dit au docteur de la Loi : « Va, et toi aussi fais de même. ».

Jésus montre au docteur de la Loi que la Loi est Parole intérieure, Parole vivifiante, Parole efficace qui met en mouvement, Parole proche qui révèle que la catégorie « non prochain » n’existe pas.

Par cette parabole, Jésus s’adresse encore aujourd’hui à chaque baptisé : ne t’arrive-t-il pas à toi aussi, Mathias, Anne, de trouver trop onéreux et trop envahissant l’amour du prochain, et de rechercher les meilleures excuses pour te dérober à tes obligations ?

Pour notre paroisse, famille des familles, demandons que règnent en elle l’esprit d’entraide, l’estime mutuelle, le respect les uns des autres, une inlassable charité.

Comme le docteur de la Loi, nous savons que c’est le Samaritain qui est le plus proche. Désormais Jésus te dit, à toi Mathias, Paul, Monique : « va et fais de même ».

Père Mathias Doamba