Homèlie du 14ème dimanche du temps ordinaire, année C

Is 66, 10-14c
Ps 65 (66), 1-3a, 4-5, 6-7a, 16.20
Ga 6, 14-18
Lc 10, 1-12.17-20

Dimanche dernier, il était question d’appel. Le Christ nous invitait à devenir « des chrétiens en sortie », des chrétiens convaincus et convaincants, des « voyageurs sans bagages », sans idées préconçus, sans attachements trop terrestres.

Aujourd’hui, 14ème dimanche, le Christ, en plus des douze Apôtres, appelle 72 disciples pour l’aider dans sa mission. Il les envoie deux par deux, pour annoncer la venue du Règne de Dieu.

Deux, c’est le début de toute communauté, c’est la possibilité d’échanger, de partager, de relire, et même de s’encourager à chaque fois que la mission devient difficile.

Jésus compare la mission à une moisson. La moisson, c’est l’étape finale d’un long processus, l’aboutissement d’une longue préparation. Il a fallu d’abord semer, puis laisser germer, laisser croître et mûrir, pour que tout soit à point pour la récolte.

La moisson est abondante, mais les ouvriers sont peu nombreux. Il faut prier pour que, plus de monde soit envoyé à la moisson. Le recrutement appartient au maître de la moisson.

« Priez, » est la directive que Jésus nous donne face au manque d’ouvriers pour la moisson. : « Priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson ». Il ne dit pas : « Priez le Maître des labours », ni même : « le Maître des semailles », mais bien : « le Maître de la moisson ».

Prier pour les vocations, c’est prier pour l’appel, et aussi pour les réponses, pour tous ceux et toutes celles qui ont commencé à répondre, qui luttent et souffrent pour répondre, pour tous ceux que déjà le Verbe de Dieu a fascinés et qui cherchent son visage.

Priez, non pas d’une prière résignée, mais d’une prière confiante ; non pas battus d’avance, mais certains de la victoire de Jésus. Non pas dans l’impatience, mais dans la joie très douce de rejoindre l’idée de Dieu, le rêve de Dieu, le projet séculaire et universel du salut.

Prier, non pas en gardant les yeux sur nos misères, notre impuissance et notre indignité, mais en contemplant le cœur de Dieu qui met sa joie à dépasser nos espérances.

Frères et sœurs, Si nous voulons être semeur de la paix de Dieu autour de nous et rencontrer l’autre comme un frère, une sœur, il n’y a pas d’autre chemin que celui de la prière.

La prière est un combat pour le croyant. Elle ne va pas de soi. Et pourtant elle est vitale. Ne pensons pas être des témoins du Christ crédible si nous laissons de côté la prière.

« Allez! Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups « . Le Seigneur met les 72 disciples en garde contre les périls qui les attendent.

« N’emportez ni argent, ni sac, ni sandales ». Il les invite à Laisser de côté les recours humains. Point n’est besoin, face à l’urgence de l’annonce du Règne de Dieu, de s’encombrer de sac ou de sandales, ni de perte de temps en salutation sur la route.

« Là où vous entrerez dites d’abord : Paix à cette maison ». Jésus entend faire de ses disciples des amis de la paix, à tout prix, des porteurs de paix pour le monde, la paix du Ressuscité. Ceux qui s’y connaissent viendront vers cette paix.

La paix est un don précieux qui nous donne la capacité d’entrer en communion avec les autres. Elle nous transforme et nous libère de tout ce qui nous enferme.

La mission de l’Église est une mission de paix. Elle est le fruit de la rédemption que le Christ nous a obtenue à grand prix.

Il faut donner la paix, mais dans quel esprit ? Non pas un esprit de domination et de conquête, mais de douceur et de paix. Il s’agit de trouver le chemin des cœurs pour les ouvrir à l’Evangile.

Il faut partager la paix, mais avec quels moyens ? La simplicité, la pauvreté, la bienveillance. Pas de recours aux actions d’éclats, à la puissance de l’argent, à la force des armes, aux prestiges de la science.

Jésus choisit 72 pour annoncer l’amour de Dieu. Ils ne sont pas envoyés comme des superhéros qui devraient forcer les gens à croire grâce à leurs superpouvoirs, mais comme des gens qui font la paix autour d’eux.

Jésus compte sur toi, Mathias, Martine, Pierre, ….pour partager sa paix à tes amis, aux voisins, aux collègues de service. Accéder à la paix et la transmettre reste une aventure qui commence à l’intérieur de nous-mêmes.

Père Mathias Doamba