homélie 13 ème dimanche du temps ordinaire, année C

1 R 19, 16b.19-21
Ps 15 (16), 1.2a.5, 7-8, 9-10, 2b.11
Ga 5, 1.13-18
Lc 9, 51-62

« J’embauche ». Voilà ce qui pourrait être le thème de ce treizième dimanche.

Si on trouvait, affichée sur les portes des grandes sociétés, les vitres des petites et grandes entreprises cette affiche : « J’embauche », que deviendraient ces nombreuses populations ? On ne parlerait plus de chômage ni de chômeurs. Chacun aurait un travail qui lui procure le pain quotidien (pour lui et pour sa famille dont il la charge), un travail qui respecte sa dignité humaine. Mais hélas !!!!

Sur l’ordre du Seigneur, le prophète Elie choisit « Elisée », son disciple, pour le succéder. En guise d’investiture, il lui jette son manteau sur les épaules : geste symbolique de la transmission des pouvoirs.

Elie dit à Elisée : « Si tu veux embrasser tes parents, va, mais alors ce que je t’ai dit ne compte plus, le geste que j’ai fait n’est plus rien, c’est comme si je ne l’avais pas fait. »

Alors, Elisée accepte de se consacrer tout entier à sa nouvelle mission : être au service de son maître. Il quitte tout avec une grande générosité. Il offre ses bœufs et sa charrue en sacrifice.

Faisons-nous preuve de la même disponibilité, quand la paroisse, l’Eglise nous fait entendre son appel pour nous engager à son service et nous dépenser au service de nos frères ?

« Suivre le Christ sans conditions ni réserves ». Voilà ce que nous dit l’Evangile d’aujourd’hui.

En marche vers Jérusalem, où il sera livré à la haine de ses ennemis et endurera la Passion, trois de ses disciples s’offrent à suivre Jésus. Ces trois disciples n’ont pas de prénom

Le premier homme (Maurice) lui dit : « je te suivrai partout où tu iras ». Jésus lui réplique : Le Fils de l’Homme n’a pas d’endroit où reposer sa tête».

Puis Jésus dit au second (Blaise) : « suis-moi » Celui-ci lui demande de la patience : « permets-moi d’aller d’abord enterrer mon père ». «Laisse les morts enterrer les morts», lui dit-il.

Le troisième (Martin) lui dit : « je te suivrai, laisse-moi faire mes adieux aux gens de ma maison ». « Quiconque met la main à la charrue, puis regarde en arrière, n’est pas fait pour le Royaume de Dieu », réplique Jésus.

Dans tous ces trois cas, Jésus se montre à la fois exigeant et déroutant. Il nous entraîne hors de l’ordinaire du temps quotidien. Ses réponses paraissent inhumaines.

N’est-ce pas tout naturel et dans la droite ligne de ce que l’on doit donner à sa famille quand on la quitte : « Embrasser son père et sa mère ? »

Quoi de plus naturel et de plus significatif de la reconnaissance du lien qui nous attache à eux que de donner à son père le dernier geste d’amour au moment où la mort nous l’enlève.

N’est-ce pas un geste d’amitié et d’amour que de dire un dernier au revoir à tous ceux avec qui nous avons partagé tant d’amitié et tant d’amour ?

Nous serons tentés de croire que cet appel ne concerne que quelques privilégiés : ceux qui, par vocation, seront consacrés au service du Seigneur : prêtres, religieux (ses). Non.

Par notre baptême, nous sommes déjà engagés sur la route avec Jésus. L’enjeu est de « tenir bon », d’avancer, de ne plus regarder en arrière, mais d’être capable, avec notre charrue » d’ouvrir le sol pour la semence, de le labourer pour que la terre enfante et produise.

Baptisés, Jésus nous invite à renoncer à une vie installée douillettement. Il nous invite à devenir « des chrétiens en sortie », comme le dit le Pape François.

Notre monde, si souvent loin de Dieu, loin de l’Eglise, a besoin de chrétiens convaincus et convaincants qui n’ont pas peur d’affirmer leur foi, leur espérance.

Comme Bernadette de Lourdes, nous ne sommes pas chargés de faire croire mais de le dire, de transmettre la Parole de Dieu. Le principal travail, c’est l’Esprit Saint qui le fait dans le cœur de chaque homme.

Le Christ nous recommande de nous libérer de tous ces obstacles qui nous détournent de lui et de notre mission de baptisé. Pour suivre Jésus, soyons des voyageurs sans bagages, sans idées préconçues, sans attachements trop terrestres.

 

Père Mathias Doamba