Homélie Saint Sacrement, année C

(Gn 14, 18-20)
(Ps 109 (110), 1, 2, 3, 4)
(1 Co 11, 23-26)
(Lc 9, 11b-17)

Autrefois les chrétiens fêtaient la fête-Dieu. Elle est née au XIIIème siècle.  A cette époque, on communiait très peu. Certains pensaient même que la présence de Jésus s’arrêtait à la fin de la messe.

Contre cette affirmation l’Eglise a posé des actes forts : organisation des processions, des temps d’adoration à l’église pour raviver la foi des baptisés.

Cette Fête-Dieu est appelée maintenant « fête du Corps et du Sang du Christ ». Il nous faut tenir les deux : le Corps du Christ mais aussi son Sang.

De tous les sacrements que le Christ a institués pour nous communiquer la Vie du  Père, l’entretenir et la développer en nous, le plus grand, c’est l’EUCHARISTIE ; c’est pour cette raison qu’on l’appelle : « le Saint Sacrement ».

L’Eucharistie, c’est le Sacrement de la présence du Christ, le Sacrement de l’union au Christ, le Sacrement de l’Amour.

Frères et sœurs, je vous souhaite une bonne fête. Rassemblés dans cette église, nous sommes le Corps du Christ, par notre baptême nous sommes devenus les uns, les autres, membres du Corps du Christ. Cette fête est donc, d’une manière toute spéciale, notre fête.

Cette fête vient raviver notre foi en cette grande vérité de Jésus-Christ réellement présent dans le sacrement de l’Eucharistie :« …ma chair est la vraie nourriture et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi je demeure en lui », dit notre Seigneur Jésus -Christ.

Le respect et l’adoration du Saint-Sacrement sont l’expression de notre foi en la présence réelle du Christ dans son sacrement.

Une petite histoire : Une chapelle d’un village a pris feu. Les villageois commencent à combattre le feu. D’autres évacuent le mobilier de l’église. Monsieur le curé est absent et le Saint Sacrement est dans le tabernacle, que faire ?

Le sacristain apporte la clef du tabernacle, mais ne veut pas prendre le ciboire contenant les hosties consacrées :  » je n’en suis pas digne » dit-il… Et les autres hommes présents se récusent également : « nous ne pouvons faire cela ».
Le maire du village dit : « je ne suis pas assez pur »… Et tous de décliner leur indignité de porter le Saint-Sacrement.

On appelle le petit garçon qui vient de faire sa première communion ». Il arrive, ouvre respectueusement le Tabernacle, prend le ciboire pour le mettre en lieu sûr. Un remarquable exemple de respect envers le Saint-Sacrement.
Jésus, Dieu fait homme, est là en personne au milieu de nous ; nous pouvons le prier, l’adorer, lui parler, le remercier, lui dire tout ce que l’on peut dire à Dieu, tout, absolument tout ce que nous avons dans le cœur.
Le Saint curé d’Ars disait : »il n’y a rien de plus beau que l’Eucharistie. Si on savait comme est belle l’Eucharistie, on en mourrait d’amour».
Le Saint-Sacrement, c’est Jésus, vivant et ressuscité. C’est lui, mystérieusement mais bien réellement, qui est présent dans l’Eucharistie. La présence du Christ dans l’Eucharistie fait partie de notre foi.

L’on comprend que les villageois aient eu quelques scrupules à retirer le ciboire du tabernacle.

Si le Christ vient à nous dans l’Eucharistie, c’est pour que nous nous approchions de Lui. Le Saint curé d’Ars, avant de passer ses journées au confessionnal, les passait à prier silencieusement dans son église face au tabernacle.
Si le Seigneur a institué le sacrement de l’Eucharistie c’est pour nous faciliter l’accès à sa personne, à sa grâce, à ses bienfaits, encore faut-il le reconnaître et le respecter pour bénéficier de ses secours.
Le respect et l’adoration dus à l’Eucharistie ne sont pas les résidus d’une piété antique et obsolète, ni même une question de mode ou une option facultative, un petit plus pour chrétiens engagés, quand on aura le temps, à la retraite

Non, Ils sont l’expression de notre foi en la présence réelle du Christ dans son sacrement. Notre foi est fondée sur les paroles de Jésus lui-même : « Ceci est mon corps, ceci est mon sang ».
A la messe, au moment de la communion le prêtre dit ceci : « le Corps du Christ ». Nous répondons : « Amen. J’y crois, je le crois ». Amen à Jésus-Christ. Je crois en ce qu’il nous dit : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang, aura la vie éternelle ».

L’Eucharistie est nécessaire pour un chrétien. Il ne s’agit pas d’une obligation extérieure et morale, mais bien d’une nécessité intérieure et vitale.

Un chrétien ne peut pas être chrétien sans une participation aux deux tables de l’Eucharistie : fréquenter le Christ Jésus dans sa parole et dans son pain eucharistique.

Et quand la réception du pain eucharistique est rendue impossible, il est toujours possible de le fréquenter par sa Parole, la prière et l’adoration.

L’Eucharistie est nécessaire à la vie chrétienne car elle nous fait advenir à ce à quoi le baptême nous a fait naître : fils et fille de Dieu. Et selon la très belle expression d’Edith Stein : il nous faut « faire en nous place à l’Eucharistie ».

L’Eucharistie nous rappelle aussi que nous ne sommes pas des individus, mais un corps. Elle n’est pas un sacrement « pour moi », elle est le sacrement d’une multitude qui forme un seul corps, le saint peuple fidèle de Dieu.

Saint Paul nous l’a rappelé : « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps, car nous avons tous part à un seul pain ».

L’Eucharistie est le sacrement de l’unité. Celui qui la reçoit ne peut être qu’artisan d’unité, parce que naît en lui, dans son « ADN spirituel », la construction de l’unité.

Chaque dimanche, nous sommes tous invités à nous nourrir de la Parole et du corps du Christ. « L’un appelle l’autre ». Le Curé d’Ars disait «  nous n’en sommes pas dignes mais nous en avons besoin. Il s’agit d’une nourriture absolument essentielle ».

Que cette fête du Corps et du Sang du Christ nous dynamise dans notre vie chrétienne. Qu’elle nous fasse être toujours plus ce que nous sommes : le Corps du Christ. Amen

Père Mathias Doamba