Homélie Pentecôte, année C

(Gn 11, 1-9)
(Ps 103 (104), 1-2a, 24.35c, 27-28 , 29bc-30)
(Rm 8, 8-17)
(Jn 14, 15-16.23b-26)

 

Ô Seigneur, envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre.

Cinquante jours après Pâques, nous fêtons la Pentecôte. La Résurrection du Christ trouve son plein accomplissement par le don merveilleux de l’Esprit Saint.

L’Esprit qui planait sur les eaux du monde en Genèse, l’Esprit de feu des prophètes, l’Esprit qui reposa sur Jésus le jour de son baptême, est descendu sur les Apôtres, rassemblés au Cénacle,

Un bruit venu du ciel, un violent coup de vent, des langues de feu… voilà les réalités qui orchestrent la venue de l’Esprit Saint en cette fête de la Pentecôte   On pourrait dire que le Souffle Divin fait une entrée fracassante dans la vie des apôtres.

La Pentecôte conclut officiellement le temps de Pâques qui a été consacré à célébrer et approfondir la mystère de la Mort et de la Résurrection du Christ qu’on nomme le « Mystère pascal » qui est le cœur et le centre de notre foi.

La Pentecôte marque les débuts de la mission de l’Église. C’est de ce jour que date le merveilleux essor de L’Église, fondée par le Christ.

L’Église est donc constituée non par une volonté humaine, mais par la force de l’Esprit de Dieu. Elle est née d’une puissance de vie venue d’ailleurs : « vous allez recevoir une force, celle du Saint Esprit qui viendra sur vous…. qui fera de vous des témoins ».

À la suite de cet événement, naissent les premières communautés chrétiennes qui se sont ensuite organisées, développées et propagées.

Dès sa naissance, l’Église se manifeste d’emblée comme une communauté missionnaire. Les apôtres, ayant reçu la force de l’Esprit, ont alors le courage de sortir de la salle du Cénacle où ils étaient craintivement enfermés. Ils commencent aussitôt à témoigner de la Résurrection du Christ, à faire connaître son enseignement et à baptiser.

N’est-ce pas aujourd’hui encore la mission de l’Église : « être au cœur du monde, un signe, un sacrement, des bontés du Dieu pour tous, communiquer à d’autres ce dont elle-même est gratifiée ».

L’Esprit Saint demeure très concrètement puissance de communion et de communication à l’intérieur de l’Eglise, Corps du Christ habité par l’Esprit Saint.

Le souffle de cette première Pentecôte ne s’est jamais éteint. C’est à lui que sont dues les stupéfiantes avancées de l’Eglise partout dans le monde au cours des siècles.

Grâce à lui, en dépit de tous les obstacles jetés sur la route de l’Église par les hommes, elle s’est étendue progressivement jusqu’aux extrémités de la terre, selon le désir de son Fondateur, Jésus, le Christ

Nous avons tous été baptisés dans l’unique Esprit pour former un seul Corps, dit Saint Paul. Nous avons été désaltérés par l’unique Esprit.

Impossible de séparer les membres du corps humain, car celui-ci ne fait qu’un tout. Il en est de même du Corps du Christ qui est l’Église : le même Esprit et le même Seigneur ressuscité agissent à travers des personnes et des activités les plus diverses.

La diversité n’est pas une atteinte à l’unité, elle en est une des conditions, car l’unité ne signifie pas uniformité.

Ce matin, demandons cette brise de l’Esprit Saint, pour pouvoir vivre de l’Esprit, mieux encore pour pouvoir vivre dans l’Esprit, qui est donateur de vie.

N’est-ce pas ce que nous proclamons le dimanche dans le symbole de Nicée-Constantinople : « Je crois en l’Esprit Saint qui est Seigneur et qui donne la vie ».

Comme une flamme, le don de l’Esprit ravive en nous le désir de proclamer la Parole de Dieu, d’annoncer la Joie de l’Évangile.

L’Esprit Saint est un Esprit d’Amour, un Esprit de Liberté, un Esprit de Vérité. Il est l’Amour authentique, il est la source de toute tendresse, Celui qui vient restaurer en nous notre capacité d’aimer.

Confions-nous à la prière maternelle de la Vierge Marie qui fut comblée de l’Esprit Saint. Si nous nous approchons d’elle, si nous la prenons chez nous, l’Esprit Saint débordera de son cœur dans le nôtre.

Prions pour que notre Église dans son ensemble, laïcs, prêtres et évêques, sache découvrir les signes de la présence toujours agissante de l’Esprit et qu’elle soit ainsi pour le monde un signe parmi les nations.

Que cette Eucharistie remplie de la présence vivifiante de l’Esprit nous nourrisse spirituellement et nous aide à vivre de plus en plus en enfants de Dieu, en fils et filles de Dieu qui, poussés par cet Esprit, crient vers le Père en l’appelant : « Abba! » « Père » « Papa ».

Père Mathias Doamba