Homélie, 6ème dimanche de Pâques,année C

(Ac 15, 1-2.22-29)
(Ps 66 (67), 2-3, 5, 7-8)
(Ap 21, 10-14.22-23)
(Jn 14, 23-29)

Jésus va passer de ce monde à son Père. Le temps est aux confidences. Les mots de Jésus ont une portée testamentaire pour ses disciples. Il promet à ses disciples « un défenseur ».

« Le Défenseur, l’Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit » L’Esprit Saint, c’est la troisième personne de la Trinité.

Que fera le Saint Esprit quand il viendra en nous ? Question d’un catéchiste à un enfant. Celui-ci lui répond : « Il fait ce qu’Il peut ! ».

Cela n’est pas du tout une boutade. C’est très juste sa réponse.  Dire que Dieu, par Son Esprit, fait ce qu’Il peut dans nos vies, c’est affirmer qu’Il se heurte très souvent aux résistances que nous mettons à Son action.

L’Esprit, ce Défenseur, aidera les disciples non seulement à garder la Parole de Jésus, à s’en souvenir, mais aussi à la mettre en œuvre : « Si quelqu’un m’aime, il gardera ma Parole ».

« Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ». Jésus nous fait don de sa paix, un don unique, un don parfait et absolu,

Lorsque le Christ ressuscité apparaît aux disciples, la première chose qu’il fait, est de leur donner sa paix, par trois fois, en leur disant : « La paix soit avec vous ».

Mais Jésus ajoute immédiatement : « Ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne ! ». Quelle est donc cette paix qu’il nous laisse et nous donne?
Le monde croit créer la paix en fabriquant des armes, en faisant des murs. Et les murs les plus subtils sont ceux de l’égoïsme et de l’indifférence.

La paix de Jésus Christ n’est pas la paix à laquelle notre monde fait allusion. La paix de Jésus dépasse le silence des armes ou un sentiment de bien-être béat. La véritable paix est quelque chose que nous pouvons activement rechercher, comme nous cherchons des plaisirs ou des richesses.

La paix véritable est le fruit de l’Esprit Saint et ce fruit est l’ultime produit d’un long processus. Il faut d’abord planter la graine, nourrir le sol, l’arroser, puis attendre que la plante pousse, que la fleur apparaisse et finalement cueillir le fruit.

La paix est le fruit de la justice : il ne peut y avoir de paix que là où chacun accomplit ses devoirs envers les autres.

La paix surgit lorsqu’on accepte de rencontrer l’autre, de l’écouter, de dialoguer, de croire en la force de l’Esprit, capable de créer l’unité dans la différence.

          La haine, les rancœurs, les disputes familiales, le mépris, les brusqueries, l’omission, sont des armes contre la paix. Tout comme nous pouvons être marchands de ces « armes », nous pouvons travailler à les éliminer.

Qu’ai-je fait pour construire la paix autour de moi… dans ma famille … au travail … ? Est-ce que j’ai été facteur de désunion ?

         Nous avons été créés pour vivre la paix. Les personnes qui prient régulièrement sont capables de communiquer la paix que Dieu seul peut donner, cette paix plus forte que nos peurs.

Mère Teresa disait : « Nos actes d’amour ne sont rien d’autre que des actes de paix… et la paix commence par un sourire. »

Chaque jour Dieu fait ce qu’Il peut. Il nous donne les pierres de construction ajustées, taillées, polies. Mais nous, au lieu de faire des ponts, nous les entassons comme de piètres protections autour de nos fragiles personnes.

         Mettons en pratique la suggestion de Mère Teresa : « Souriez cinq fois par jour à une personne à qui vous n’avez pas du tout envie de sourire. Faites-le pour la paix. »

Seigneur, aide-nous à être des artisans de paix autour de nous. Donne-nous de prendre conscience que paix et joie sont les fruits de l’Amour et les signes de la présence du Ressuscité dans notre vie et dans le monde.

 

Père Mathias Doamba