Homélie, 3 ème dimanche de carême, année C

(Ex 3, 1-8a.10.13-15)
(Ps 102 (103), 1-2, 3-4, 6-7, 8.11)
(1 Co 10, 1-6.10-12)
(Lc 13, 1-9)

Les lectures d’aujourd’hui commencent par un récit très connu : le buisson ardent : Dieu appelle Moïse pour une mission. A ce moment-là, les hébreux étaient esclaves en Egypte, Moïse lui-même devait s’enfuir dans le désert pour éviter la poursuite de Pharaon, qui voulait le tuer. Un jour, alors qu’il conduisait les brebis dans le désert, il a vu une scène miraculeuse. Le buisson s’enflammait mais ne se consumait pas. Curieusement, il s’approcha de lui et soudain, il  entendit la parole de Dieu : «Je suis ce que je suis…  J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. Je suis descendu pour le délivrer de la main des Égyptiens ».

En écoutant ces paroles, Dieu nous révèle son visage comme un Dieu de miséricorde, notre Dieu est très proche de son peuple, il a de la compassion pour la souffrance de son peuple, il tremble devant la misère de celui-ci, il veut le libérer de l’esclavage et il veut lui offrir la joie et le bonheur. Et vraiment, il le fait. Il a réalisé l’exode grandiose pour faire sortir son peuple du pays d’Egypte pour la terre de liberté, la terre promise.

Aujourd’hui, est-ce que Dieu tremble encore devant nos peines ou pas ? Est-ce qu’il continue de nous libérer de nos souffrances ou pas ?

La semaine dernière, nous avons contemplé la transfiguration du Christ, où Moïse et Elie s’entretenaient avec Dieu pour parler de leur exode à Jérusalem. C’est un exode qui nous libère du péché et de l’emprise du Mal. C’est une libération totale et radicale.

 

Nous avons besoin de cet exode, de cette libération. Non seulement la libération sur le plan économique et social comme le peuple de Dieu l’a obtenue sur la terre promise, mais nous avons aussi besoin de la libération intérieure, une liberté qui prend sa source dans le cœur de l’homme, une liberté qui nous permet de maitriser les instincts, les convoitises et les passions maléfiques. C’est la raison pour laquelle Jésus vient dans ce monde. Il vient pour réaliser cet exode. Comme dans l’AT, où Dieu s’est révélé à Moïse comme un Dieu libérateur, aujourd’hui, il se révèle encore et toujours comme Dieu de libération de nos péchés et il nous offre la liberté au plus profond de nos cœurs. Mais, pour accéder à cette liberté, nous devons collaborer avec Lui. Concrètement, nous collaborons avec Dieu par notre conversion. La conversion ici n’est pas simplement d’abandonner quelques mauvais comportements, mais elle demande un changement radical de notre pensée, de notre regard et cela aboutit à un changement de notre mode de vie. Cette exigence est tellement décisive que Jésus déclare : « si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même ».Cette conversion devrait commencer par la prise de conscience de nos péchés. Ce n’est pas facile, surtout dans notre société actuelle. Le pape Pie XII a dit cette parole il y a 50 ans, mais elle est de plus en plus juste de nos jours. Il dit que : «le péché le plus grand à nos jours est la perte du sens du péché ». Nous avons appris au catéchisme que les péchés capitaux sont : acédie ou paresse spirituelle, avarice, colère, envie, gourmandise, luxure et  orgueil, mais, les plus grands péchés ne sont pas ceux-là. C’est surtout la perte du sens du péché. Parce que lorsqu’on perd le sens du péché, on continue de commettre les péchés sans culpabilité et on n’a plus besoin de la conversion. Si nous ne nous convertissons pas, Dieu ne peut pas nous libérer des péchés car il respecte totalement nos choix.

 

Frères et sœurs, aujourd’hui nous sommes invités à réveiller notre prise de conscience du péché dans notre vie, et en cela, nous pourrions collaborer avec Dieu pour ne plus être esclaves de nos péchés. En faisant cela, nous obtiendrons la liberté intérieure que Dieu veut nous donner. C’est la liberté des fils et des filles de Dieu dans l’intimité et la communion réelle avec Lui.  Amen.

 

Père Joseph