Homélie, 2ème dimanche de carême, année C

(Gn 15, 5-12.17-18)
(Ps 26 (27), 1, 7-8, 9abcd, 13-14)
(Ph 3, 17 – 4, 1)
(Lc 9, 28b-36)

 

Nous sommes déjà à notre deuxième dimanche de carême.

Quel message de carême nous donne Mgr Pierre-Yves ?

« Ce qui sort de la bouche, c’est ce qui déborde du cœur. » (Luc 6, 45). Par cette parole de l’Évangile, l’Evêque invite chaque chrétien à un dialogue vrai et à une écoute active.

Le Christ Jésus, Verbe fait chair, dit le Père Evêque, nous invite à renouveler l’Alliance avec Dieu notre Père. En nous donnant son Esprit, il nous appelle à laisser nos cœurs se purifier du mensonge pour faire la vérité et ainsi retrouver la liberté des enfants de Dieu.

Sur le plan personnel, nous sommes invités à redonner tout leur poids à nos paroles : privilégier les paroles de bénédiction, d’encouragement, de soutien et faire la chasse aux critiques, aux médisances et aux calomnies…

Cela peut passer par un certain jeûne de parole, en choisissant de n’exprimer que ce qui nous semble bon, juste et nécessaire.

Cela passe aussi par une discipline sur la manière dont nous nous exprimons,

Cela passe également par le biais des nouvelles technologies par exemple, en nous rappelant que pour toute question importante et personnelle, l’échange de vive voix et en direct avec la personne concernée est toujours préférable.

Sur le plan de la société, l’heure est au dialogue dans notre pays et nous apportons notre contribution pour que des paroles authentiques soient prononcées et qu’une vraie écoute mutuelle s’instaure. Voilà ce que nous dit le Père  Evêque

Que nous disent les textes bibliques ?

Le Livre de la Genèse nous parle de l’Alliance : Dieu conclut une Alliance avec Abraham, le père de tous les croyants. Une scène étrange pour sceller cette alliance : passer entre les quartiers de l’animal sacrifié en disant : « Qu’il m’arrive comme à cet animal si je ne suis pas fidèle ».

Au terme de cette Alliance, Dieu promet à Abraham une descendance : c’est la naissance d’Isaac et une terre fertile en héritage. Bien qu’avancé en âge et que sa femme soit stérile, Abraham fait pleine confiance à Dieu. Il « a eu foi en Dieu ». Il a accepté son alliance en toute liberté. Ainsi, « le Seigneur estima qu’il devenait juste », c’est-à-dire qu’il était en conformité avec le projet de Dieu.

Sommes-nous prêts à faire totalement confiance à Dieu, si incroyables que puissent paraitre ses promesses, et quels que soient nos échecs et nos difficultés

Saint Paul éprouve une grande tristesse, un chagrin de larmes, à la pensée de ses correspondants, les philippiens. Appelés à vivre de la vie du Christ, les philippiens n’ont de goût que pour « les choses de la terre », allant jusqu’à « faire de leur ventre un dieu »

Baptisé, le chrétien doit au contraire s’assimiler à Jésus-Christ, se transformer en lui, en réglant toute sa conduite sur ses exemples

L’alliance de Dieu avec les hommes s’est, par la suite, manifestée en Jésus. Il est venu vers Pierre, Jacques et Jean. Il les a conduits à la montagne et lors de sa prière, il a été transfiguré, inondé de lumière. Son visage a changé d’aspect.

La montagne est symbole du lieu de la rencontre de Dieu. La blancheur éclatante est symbole de la lumière de Dieu. La nuée signifie présence de Dieu.
Moïse et Élie sont avec Jésus transfiguré pour représenter la Loi et les prophètes.
Cette manifestation divine démontrait aux trois apôtres que Jésus était la continuité de l’alliance de Dieu avec les humains, qu’il était la lumière de Dieu et qu’il vivait en intimité avec son Père : « Celui-ci est mon Fils, celui que j’ai choisi, écoutez-le ».
Chrétiens, le baptême nous a assimilés au Christ. Dès lors nous portons en nous les germes de notre propre transfiguration.

Renouvelons notre désir de suivre Jésus, jusqu’à sa révélation ultime, le jour de Pâques vers lequel nous avançons confiants.

Vivons unis au Christ. Ecoutons le Christ. Mettons sa Parole en pratique. Regardons-le et imitons-le

Quel message nous laisse la fête du Corso ?

Le thème de cette année est : « les chansons françaises ». Alors qu’est-ce qu’une chanson française ? « La chanson française est une musique accompagnée de paroles chantées en français », me diriez-vous.

Jean-Jacques ROUSSEAU disait : « Espèce de petit poème lyrique fort court, qui roule ordinairement sur des sujets agréables , auquel on ajoute un air pour être chanté dans des occasions familières, comme à table, avec ses amis, avec sa maîtresse , et même seul , pour éloigner, quelques instants l’ennui si l’on est riche, et pour supporter plus doucement la misère et le travail, si l’on est pauvre ».

En effet, la chanson a trois fonctions principales: elle stabilise l’humeur, elle aide à mieux se comprendre et, dans une moindre mesure, elle ­stimule les liens sociaux.

Puisse la chanson française aider les auditoires à passer de la tristesse à la joie, de la haine à l’amour, de l’offense au pardon, de la discorde à l’union des cœurs, du doute à la foi, de la désespérance à l’espérance, des ténèbres à la lumière, de l’erreur à la vérité.

Saint Augustin disait : « chanter c’est prier deux fois ». N’est-ce  pas un incitatif pour prier avec des chants ? Le chant fait partie de la prière chrétienne.

Il peut rapprocher de Dieu : « Tu n’as pas besoin de notre louange, et pourtant c’est toi qui nous inspires de te rendre grâce : nos chants n’ajoutent rien à ce que tu es, mais ils nous rapprochent de toi, par le Christ, notre Seigneur », disons-nous dans une des préfaces de la messe.

Le chant permet aussi d’unir des gens malgré leurs différences

Saint Augustin disait : « si tu veux voir ce que nous croyons, viens voir ce que nous chantons »

Alors prêtons attention aux paroles des chants religieux. Elles irradient la vérité des valeurs de l’Evangile

Père Mathias