Homélie 4ème dimanche C

 

Jérémie 1, 4-5.17-19;

Ps 70 (71), 1-2, 3, 5-6ab,  15ab.17;

Luc 4, 21-30;

1 Co 12, 31-13, 13

Qui ose aujourd’hui parmi nous être prophète ?
 C’est bien la question qui se pose à chacun d’entre nous, après la lecture des textes de ce 4ème dimanche ordinaire. Alors qu’est-ce qu’un prophète ?

            Quand on dit d’un homme qu’il est un prophète, certains le prennent pour un fou, il n’est pas dans son assiette. D’autres pensent à quelqu’un qui prédit l’avenir. Eh bien !!! Il n’en est pas ainsi dans les évangiles et dans le Nouveau Testament.

            Le prophète, c’est celui qui est choisi pour parler au nom de Dieu. C’est une lourde responsabilité qui oblige le prophète à faire preuve de courage avec le risque d’être rejeté voire même tué.

            Les prophètes de l’Ancien Testament n’ont pas cessé de crier à tout le peuple d’Israël de rester fidèle au Seigneur et de ne pas se laisser attirer par les faux dieux. Mais le peuple  refusait de les écouter, ce qui était la cause de ses malheurs.

            La première lecture nous montre le prophète Jérémie, un des prophètes les plus attachants de l’Ancien-Testament. Il vivait aux environs des années 650 avant Jésus, à une époque de corruption générale.

            Jérémie a été choisi par Dieu dès le sein de sa mère pour être son porte-parole. Sa mission c’est de transmettre les paroles de Dieu au peuple, même si elles ne plaisent pas. Il doit parler sans crainte, même au risque de sa vie. Il ne doit pas être un « prophète de cour » qui cherche à plaire.

Jérémie sera affronté à un environnement hostile. Mais Dieu lui promet de ne pas l’abandonner :  » Je fais de toi un prophète pour les peuples. Ne tremble pas devant eux. Ils te combattront, mais ils ne pourront rien contre toi car je suis avec toi pour te délivrer. « ,  

Tout chrétien, en vertu même de son baptême, appartient à la race des prophètes. En face d’un monde tout entier versé dans le mensonge et l’impiété, il se doit de rappeler les lois évangéliques.
            L’Apôtre Paul est le prophète du Nouveau-Testament. Il a, lui aussi, été affronté à l’hostilité des gens. À plusieurs reprises, il a dû aller à contre-courant de la mentalité environnante.

            Dans sa première lettre aux chrétiens de Corinthe, Paul intervient dans une polémique sur les charismes. Chacun a tendance à considérer son charisme comme supérieur à celui des autres. De tous les dons spirituels, les charismes, octroyés par l’Esprit Saint pour bâtir les communautés chrétiennes, le meilleur, affirme saint Paul, est sans conteste la charité : « j’aurais beau parler toutes les langues, être prophète, avoir toute la connaissance de Dieu, avoir la foi, distribuer toute ma fortune aux affamés, s’il me manque l’amour, cela ne sert à rien. Ce qui demeure aujourd’hui, c’est la foi, l’espérance et la charité. Mais la plus grande des trois, c’est la charité », dit saint Paul.

Sans la charité, les autres charismes ne servent à rien, ils peuvent même être très dangereux. La charité seule constitue la base de la vie chrétienne. Elle seule, en est l’inspiratrice et l’animatrice

            Tout chrétien, en vertu même de son baptême, doit vérifier si son amour pour Dieu et pour ses frères et sœurs est vrai, si son amour a des qualités énumérées par saint Paul : patient, généreux, désintéressé, humble, délicat, sans jalousie et sans calcul.

            Ce qui fait la valeur d’une vie, ce n’est pas d’accomplir des choses extraordinaires, c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent. La haine, la violence, l’indifférence n’auront pas le dernier mot. C’est l’amour qui l’emportera

            L’Évangile nous révèle le prophète par excellence : Jésus, l’Envoyé de Dieu, le Fils de Dieu, le Verbe fait chair, le Prophète qui parle au nom de Dieu,

Jésus est le Messie annoncé par les Prophètes. Il reproche à ses compatriotes leur incrédulité. Il annonce que  le message  qu’ils rejettent sera porté aux païens.

Fous de rage, ils veulent lui faire un mauvais sort. Jésus doit s’enfuir. Jésus n’échappe pas au sort des prophètes : « aucun prophète ne trouve un accueil favorable dans son pays ».

            Jésus n’a aucune intention de se faire passer pour un faiseur de miracle. Sa priorité est d’annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, aux opprimés, aux prisonniers.

            Que cette Eucharistie nous rende de plus en plus disponibles à l’action de l’Esprit en nous par la grâce de Dieu.

Qu’elle fasse de nous, comme le souhaite le pape François, des « disciples-missionnaires » qui témoignent par leur vie de la beauté et la grandeur de la miséricorde de Dieu répandue sur tout homme et toute femme qui ouvre son cœur et qui l’accueille sincèrement.
            Que l’Eucharistie nous aide aussi à vivre au jour le jour l’hymne à l’amour que nous venons d’entendre, car tout passera, mais l’amour ne passera pas. Car Dieu est Amour.

 

 

Père Mathias Doamba