Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence


« terminer sa vie dans la dignité » ?

Une expression ambiguë qui fait florès :
« terminer sa vie dans la dignité ».


 

Cette formule que nombre de personnes mettent en avant est profondément
ambiguë. Elle recouvre des réalités différentes selon la pensée
profonde de ceux qui la prônent. Elle peut désigner la volonté d’accompagner
la vie jusqu’au bout, mais aussi évoquer une assistance médicalisée
permettant d’abréger la vie d’une personne gravement malade.
Au niveau national un « panel composé de dix-huit personnes » s’est exprimé lors du temps de réflexion
dénommé « conférence de citoyens sur la fin de vie ». Les membres de ce panel étaient censés refléter
le sentiment de la majorité de leurs concitoyens. Ces personnes, réunies par l’Ifop, ont rapproché comme
allant de soi « finir sa vie dans la dignité » et l’autorisation du suicide assisté, voire la provocation de la mort
par un tiers. Il faut avoir conscience de ce que représente un telle prise de position. Pour la rendre acceptable,
il ne suffit pas de dire qu’une telle pratique sera bien encadrée dans la mesure où sera exigé pour sa mise
en oeuvre le consentement explicite de la personne en fin de vie ou atteinte d’une maladie irréversible.
En effet, autoriser une aide active pour provoquer la mort constitue une « rupture fondamentale » avec
un interdit constitutif des rapports sociaux : « tu ne tueras pas ». Avant d’être un commandement de Dieu, cet
interdit constitue « une exigence fondamentale de la vie en société ». Cet interdit est particulièrement important
lorsqu’il s’agit de personnes fragilisées. En effet, les personnes dépendantes se sentiront menacées, se
jugeront égoïstes si elles ne recourent pas à de pareilles pratiques, car elles constituent une charge pour leur
entourage.
Le suicide est loin d’être une manifestation de liberté, il est souvent l’expression d’un désarroi, d’un refus
d’accepter la fragilité.
Aujourd’hui, grâce à une pratique généreuse, de sérieux progrès ont été accomplis
en ce qui concerne le traitement de la douleur. Les soins palliatifs, sans doute encore à améliorer, constituent
une heureuse réponse pour accompagner dans la dignité la fin de vie. Un accompagnement fraternel n’est-il
pas la seule bonne réponse vis-à-vis de celui qui souffre et qui est dans le désarroi ? En effet, la douleur physique
s’accompagne souvent d’une souffrance née de la solitude ressentie.
Entre l’acharnement thérapeutique dépourvu de sens et la fin de vie provoquée, pour accompagner la
vie jusqu’au bout, il existe une juste voie « d’engagement de solidarité et de fraternité ».

Père Jean-Pierre Lémonon






  Mentions légales   Contact   Intranet   Administration        Suivre la vie du site    SPIP