« Quiconque fait la volonté de mon Père qui est au cieux, c’est lui mon frère, ma soeur, ma mère. » (Matthieu 12, 46-50)

Chers amis, cette parole d’Évangile nous introduit directement au cœur de l’unité et même de l’intimité de la foi chrétienne. Nous sommes ici en famille : frère, sœur, mère ; c’est-à-dire des très proches, mais dont le lien filial
n’est point le sang, la race ou la couleur mais l’accord et l’acte de faire la volonté du Père. De ce point de vue, l’unité chrétienne semble aisée si ce n’est que les complications commencent souvent ici à l’image des disciples en
Marc 9, 34 (lecture proposée cette année) qui, chemin faisant, se disputent pour savoir qui est le plus grand. Jésus souligne alors la notion de « serviteur de tous » qui appelle immédiatement un tout autre état d’esprit, certes moins
aisé mais tellement paisible, heureux, salutaire…
Comme les premiers disciples de Jésus, nous aussi nous sommes en chemin. Nous avons même parcouru une grande distance où, nous le savons, ce qui vient de l’humain plus que de Dieu nous aura parfois scandaleusement
et même tragiquement occupés, divisés. Pour autant, on n’arrête pas la vie, c’est-à-dire la Parole faite chair qui retentit toujours en un même Evangile faisant de nous tous ses serviteurs et des « très proches ». Cela, nous le
savons aussi, nous encourage d’autant plus que nous observons un nombre croissant de fidèles vivre cette dimension au quotidien des jours de l’année, et pas uniquement au mois de janvier... Il faut réellement se réjouir de cela car non seulement il y a là le sentiment, la conviction de faire la volonté
du Père mais aussi le défrichage de chemins de guérison, de pardon, d’une compréhension mutuelle et d’une sincère réconciliation. Ces chemins sont souvent plus nécessaires qu’on ne le pense et ils s’ouvrent et s’offrent à nous
comme de merveilleux cadeaux de Dieu. La semaine pour l’unité des chrétiens est, chaque année, l’un de ces merveilleux cadeaux qui nous permettent d’approfondir nos liens, nos connaissances et notre joie de faire les choses ensemble pour finalement mieux habiter cette notion de « très proche ».
Nous sommes des « très proches », autrement dit, nous sommes des frères, des soeurs, des mères, des enfants toujours en chemin et toujours à l’école de l’amour de Dieu. Peut-être le sommes-nous pour d’abord guérir.
Nos amis canadiens, mis à contribution cette année, le signifient clairement dans la documentation qui relate le contexte œcuménique au gré de leur histoire. Ils sont en chemin de guérison, en chemin pour grandir, en chemin
pour être en bénédiction les uns pour les autres. Il sont en chemin comme nous tous, pour découvrir que la diversité du corps du Christ n’est pas obligatoirement une division, et que, même si parfois cette dernière est bien réelle ou l’a été, elle n’est pas pour autant une fatalité. L’Histoire, même tragique, ne peut arrêter l’amour de Dieu ; alors, si grâce nous est faite de croire et de connaître un tel amour, c’est bien pour que nous y participions.
Que 2014 soit une année riche d’échanges et de sourires complices pour la gloire de Dieu et la paix aux hommes de bonne volonté !

Pasteur Thierry Azémard (biper 588)