Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
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Unité des Eglises, une diaconie 18/1/2014 La Croix
 

« Nous cherchons la réconciliation des chrétiens pour qu’elle soit un signe d’Évangile, et qu’elle puisse devenir un ferment de rapprochement entre les humains et entre les peuples. » À Strasbourg le mois dernier, le F. Alois, prieur de la communauté de Taizé, formulait à sa manière un propos similaire à ceux du serviteur de Dieu dans l’extrait du livre d’Isaïe de ce dimanche. Au regard du lien posé entre les paroles du Seigneur et la mission de rassemblement de son peuple divisé, le serviteur de Dieu est celui qui rassemble ce peuple, de telle sorte que le peuple de Dieu puisse témoigner de l’œuvre de Dieu dont le dessein est le rassemblement et l’unité du genre humain. Dans l’une des Béatitudes, l’Évangile de Matthieu confirme le lien entre œuvrer pour la paix et l’établissement comme Fils de Dieu : « Heureux les artisans de paix, ils seront appelés fils de Dieu. »

À Busan, l’Assemblée du Conseil œcuménique des Églises a montré que la même dynamique était à l’œuvre lorsque 345 Églises se rassemblent sous le thème : « Dieu de la vie, conduis-nous vers la justice et la paix ».Franck Lemaître, directeur du service pour l’unité des chrétiens de la Conférence des évêques de France, en témoigne : « Participer à une assemblée du Conseil œcuménique des Églises comme celle qui s’est déroulée à l’automne en Corée, avec des chrétiens du monde entier, c’est vérifier concrètement que l’Évangile a rejoint une incroyable diversité de “nations, races, langues et peuples” (Ap. 14, 6) » jusqu’aux confins de la terre. Même si, à la différence du dialogue interreligieux, le dialogue œcuménique porte sur l’unité entre les chrétiens, l’enjeu de la réconciliation entre les Églises et communautés chrétiennes dépasse, on le voit, la vie des seuls chrétiens.

Sans attendre les résultats ultimes du dialogue œcuménique qui appartiennent à Dieu, goûtons alors à la dynamique déjà enclenchée. Plutôt que laisser grandir la plainte sur le chemin qui reste à parcourir, regardons dans le rétroviseur le chemin parcouru. Moins pour se contenter des premiers résultats que pour chercher comment l’objectif œcuménique peut se nourrir de l’œcuménisme envisagé moyen. En effet, les ultimes difficultés, qui empêchent de célébrer ensemble le repas du Seigneur, n’empêchent pas de prier et d’agir ensemble en faveur de la justice et du rassemblement entre les humains et les peuples, à la manière de l’Acat (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture). L’objectif s’inscrit pas à pas sur ce chemin. Certes, la communion ecclésiale, donc eucharistique, ne peut encore s’exprimer en plénitude entre toutes les Églises. Mais la plénitude ressortissant de la vie en Dieu, vivons et développons la communion baptismale qui est déjà là. Dieu nous donne déjà de vivre en communion grâce au baptême qui nous introduit dans le corps du Christ. Ce don de Dieu est blessé par les divisions entre les Églises. Cependant, la communion baptismale n’en est pas moins réelle. Car si la communion ecclésiale est don de Dieu, comme tel, elle ne peut être anéantie par la violence des hommes. Blessée, elle demeure nourrie à la table de la Parole et vivifiée du souffle de l’Esprit qui précède et accompagne les Églises, mais aussi des associations de baptisés.

La communion baptismale peut ainsi se vivre comme un chemin diaconal, c’est-à-dire au service des autres au nom de Dieu, à l’image du serviteur souffrant. Bien que blessée, la communion baptismale peut se vivre comme les mains de Dieu, qui œuvre dans les événements. Elle rend effectivement témoignage de la puissance de Dieu lorsque des baptisés dépassent divisions et incompréhensions pour agir ensemble en artisans de justice, de paix et de réconciliation ; lorsque des baptisés dépassent une souffrance qui exprime leur impatience de l’unité, pour répondre ensemble à l’urgence qui les requiert, chaque fois qu’est défigurée l’icône de Dieu qu’ils reconnaissent en tout homme. Mystère de la miséricorde de Dieu qui nous saisit, nous réconcilie et nous convertit ensemble au Christ-Serviteur, plus fort que nos divisions (1 Co 11, 19).

PICART François






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