Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence


Un ânon portait le sauveur du monde
 

28/3/15 -

La consigne de Jésus dit le mystère de son amour pour le monde. Non seulement le petit d’un âne, mais que personne n’a encore monté ! Non seulement un ânon attaché, mais tout imprégné de la proximité du mont des Oliviers. Ce qui va s’accomplir ne l’a jamais été par personne.

Jésus ne se dérobera à aucune des stations du chemin de croix. Sa vie, nul ne la prendra mais il la donnera. Il importe au Christ que sa monture soit sans fioritures. Ici ne se joue pas une pièce de théâtre, mais le don d’une vie à nulle autre semblable. L’âne de Bethphagé est bien celui qui convient : entièrement voué à l’entrée de son Maître dans la Ville sainte, annonciatrice d’un amour jusqu’au bout.

Le Seigneur a besoin de toi humble trône ! Par ton effacement, tout doit rayonner Celui qui vient au nom de son Père. Tu portes Celui qu’aujourd’hui on acclame et que, demain, on flagellera. Ce n’est pas toi que l’on regarde, mais Celui qui ne voulait pas accomplir ce chemin sans ton service docile. Petit de l’âne, tu croules sans faillir sous les vêtements de la foule et les branchages d’un jour. Ce qui est formidable avec toi est que tu avances parmi cette foule en liesse sans te laisser impressionner. L’effervescence des débordements populaires ne te fait pas peur. Le Maître a bien fait de te faire détacher. Tu es entièrement lié à sa marche. Tu ne connais pas encore qui tu portes, mais tu pressens qu’un passager sans commune mesure t’est confié. Où te donne-t-il ordre de le mener ? Lui seul sait jusqu’où peut conduire l’Amour. Tout est tellement unique en ce Voyageur, ce Béni de Dieu. Il n’a pas fini de te surprendre. Il n’est pas la star te demandant des temps d’arrêts pour applaudissements. Il ne s’attarde pas longuement au Temple où, pourtant le pouvoir politique et spirituel pourrait être capté à son avantage. Ânon de Jérusalem, la Royauté de ton Maître n’est pas de ce monde. Ânon de la Semaine entre toutes, tu es dépositaire de Celui qui sauve l’humanité. Ânon silencieux, tandis que tu fais ta besogne, s’accomplit la volonté du Père pour tous les hommes. Nous n’avons certes pas, aujourd’hui, la mission privilégiée de porter physiquement Jésus à Jérusalem. Mais quelle spiritualité pascale nous anime ? Avons-nous le courage et la joie d’être des « Christophe » pour le contexte inédit de ce temps ? Il ne s’agit plus ici de joncher le chemin du Christ de nos vêtures en hommage éphémère. Il s’agit de revêtir le Christ dans la dignité de notre baptême. Croire à Jésus, mort et ressuscité pour que l’homme vive, n’a jamais été de tout repos.

Le disciple ne peut ignorer que suivre le Maître consistera à consentir à passer par des épreuves similaires à celles de l’Unique Passion. En notre monde, où tant de sentiments de repli sont exacerbés, notre Semaine sainte sera-t-elle lumière dans l’obscurité des souffrants, des chômeurs, des exilés, des persécutés pour raison de leur foi ? Quand tant de choses nous dépassent, nous pouvons connaître un sentiment légitime de découragement. Peut-être alors, contempler l’humble ânon de Bethphagé nous mettra-t-il du baume au cœur ? On ne lui demande pas la redoutable mission de porter le poids du monde. On lui confère la grâce d’être porteur du don le plus précieux qui puisse être fait à l’humanité. Il accomplit ainsi sereinement cet office en sa qualité voulue par le Seigneur. Ni plus ni moins. Soyons donc ce que Dieu veut. Cessons de discourir. Apprenons à devenir chrétien. « J’avance comme un âne » écrivit le cardinal Etchegaray. C’est ce dépouillement, jusque dans l’humour sur nous-même, qui peut prendre couleur pascale, en nous et autour de nous.

Avancer comme un âne. Être sacrement de Celui qui sauve !

PODVIN Bernard






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