Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence


Se laisser passionner par les affaires de Dieu
 

26/7/14 -

Quelles sont vos passions ? Vous vous souvenez certainement de celles d’autrefois, quand vous étiez jeunes : passion pour les dinosaures, les collections de timbres ou les vêtements de poupées Barbie ; le foot, tel groupe de musique ou le scoutisme. Mais aujourd’hui ? À un âge plus avancé, on se méfie des passions. On se dit plus réaliste. À quoi bon collectionner des objets qui ne servent à rien ? À quoi bon investir son énergie, ses efforts et son argent pour des choses éphémères ?

Jésus parle de passion. Les petites paraboles proposées pour ce dimanche sont tellement connues des lecteurs des Évangiles, qu’elles ont perdu tout effet de surprise. En quoi nous interrogent-elles ? Ce passage est rythmé par un terme qui revient quatre fois : « Le Royaume des cieux ». Ce qui frappe, c’est la pudeur de l’expression. Dieu n’y est pas nommé explicitement. Et, pourtant, la métaphore renvoie clairement à une situation autre que le quotidien géopolitique ou social. Le ciel indique une dimension qui n’obéit pas à notre appétit de maîtrise, de mainmise ou d’exploitation aliénante. On parle de royaume, mais on ne peut s’y faire élire ni obtenir des parachutes dorés.

« Le Royaume des cieux ? En quoi cela me concerne-t-il ? N’est-ce pas à Dieu de faire advenir son règne comme nous le lui demandons à travers la prière que le Christ nous enseigne ? »
C’est ici que les verbes utilisés par les deux premières paraboles de ce texte prennent du relief : trouver et chercher.

La première histoire parle d’un homme au travail, un smicard de l’agriculture. Dans une région où les armées d’occupation pillent les maisons, le moyen le plus sûr pour sauvegarder son argent ou ses pierres précieuses, c’est de les déposer dans un vase qu’on enterrera ensuite. C’est d’une telle trouvaille que parle la parabole, et des conséquences qu’entraîne cette découverte : joie et mobilisation de tous les moyens pour acquérir un titre de propriété pour ce terrain.

Dieu est un passionné de notre terre. Il se rend accessible là où nous travaillons. Saurons-nous découvrir sa présence comme un trésor ? Saurons-nous nous attacher encore plus fermement à ce labeur de tous les jours parce que la joie, celle d’avoir trouvé l’inespéré, l’emporte largement sur toute dimension de pénibilité ?

La deuxième parabole utilise le verbe chercher. Dans la première histoire, la trouvaille n’était pas déterminée par une action ciblée de recherche. Cette fois, la découverte du « Royaume des cieux » est liée à une capacité de discernement et d’évaluation. Le négociant en perles connaît son métier. Il est prêt à investir. Il cherche, il est à l’affût. Mais, ici encore, la joie de la découverte précède toute action. C’est elle qui détermine le comportement du commerçant. En effet, il serait insensé de vendre son bien sans savoir où l’on désire s’investir.

Jésus parle de passion, d’une joie indicible qui transforme la manière habituelle d’être au monde. Où en sommes-nous de notre disponibilité pour nous laisser passionner par les affaires de Dieu ? Le « Royaume des cieux », selon notre texte, ne peut se réduire à une passion pour des questions liturgiques ou une recherche passionnée d’exégèse ou de dogmatique. Une passion pour le « Royaume des cieux » inclut une passion pour tout être humain, quel qu’il soit, où qu’il vive. Parce que le trésor de la présence de Dieu y est enfoui. Et que, pour Dieu, il n’existe aucune perle au monde plus précieuse que l’humain. Il l’a prouvé, en Christ.

VON KIRCHBACH Agnès






  Mentions légales   Contact   Intranet   Administration        Suivre la vie du site    SPIP