Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence


Sanctifier le nom du Seigneur
 

7/3/15 -

Dimanche après dimanche, les liturgies dominicales de ce Carême proposent de parcourir les différentes initiatives prises par le Seigneur pour faire alliance avec son peuple. Après l’alliance offerte à Noé, puis à Abraham, ce troisième dimanche de Carême met l’accent sur une nouvelle figure de l’unique Alliance : celle donnée à Moïse avec les dix commandements ou « dix paroles ».

La liturgie de ce dimanche établit un lien entre ce don des dix paroles et l’Évangile dans lequel Jésus explique sa réaction devant ce qu’était devenu le Temple de Jérusalem. D’un côté, il proteste contre la présence de marchands qui empêchait la venue des païens sur le parvis des gentils, annonçant l’unique sanctification du nom de Dieu par les juifs et les païens, autrement dit par l’humanité tout entière, ce que devait développer saint Paul. Mais cette commune sanctification du nom de Dieu passe par un déplacement qui est au cœur de la deuxième composante de la réaction de Jésus : il déplace l’attention de ses interlocuteurs du sanctuaire de pierres vers le « sanctuaire de son corps » relevé dans sa Pâque en trois jours.

Dans le premier sanctuaire, se trouvaient les tables de la loi mosaïque et le chandelier à sept branches, mais il était devenu facteur de divisions entre juifs et samaritains et obstacle au rassemblement de l’humanité dans une commune sanctification du nom de Dieu. De même que la Lettre de Pierre invite les chrétiens à davantage se préoccuper des « pierres vivantes » que sont les communautés chrétiennes, de même, l’Évangile de Jean désigne l’être humain comme le véritable sanctuaire de l’Alliance que le Seigneur cherche à nouer avec chacun. Les thématiques du sanctuaire et de la sanctification du jour du Seigneur, précisent les modalités de cette alliance.

Le sanctuaire est le lieu des offrandes. Lorsque Jésus désigne son corps comme le sanctuaire de l’Alliance, il renvoie à l’offrande de sa vie pour que se réalise le projet de Dieu de rassembler l’humanité grâce à une commune sanctification de son nom. Chacun peut ainsi comprendre sa vie comme un itinéraire où, sans cesse remis en selle par la miséricorde de Dieu, il est appelé à s’éveiller à la capacité, inscrite en lui, de participer à ce projet déjà présent dans l’Alliance offerte à Noé, à se l’approprier en offrant, comme Abraham, le vieux bouc qui est en soi et que nous opposons spontanément à la réalisation d’un projet qui dérange et bouscule nos intérêts particuliers. Faire de sa vie une offrande comme le fit Jésus-Christ désigne une démarche par laquelle puisant au souffle de l’Esprit, nous cherchons, d’une part, comment réduire en nous la part d’indisponibilité à ce projet et, d’autre part, comment raviver notre capacité à participer à une commune sanctification du nom de Dieu par l’humanité rassemblée dans un même souffle.

La sanctification du jour du Seigneur est présentée comme le mémorial de la libération de l’esclavage. Le livre de l’Exode précise qu’au moment de remettre « les dix paroles » à Moïse, Dieu se présente comme l’auteur de la libération « du pays d’Égypte, de la maison d’esclavage ». Les dix paroles puisent leur force et leur sens chez celui qui les donne, celui qui a fait passer le peuple d’Israël de l’esclavage à la liberté. Faire mémoire des dix paroles sans omettre de les relier à leur auteur, c’est actualiser l’événement de la libération, le passage de l’esclavage à la liberté, de la nuit à la lumière que, comme Israël, chacun peut expérimenter sur son itinéraire. De même que la libération de l’esclavage est l’événement fondateur où Israël puise le souffle de sa fidélité, de même, chacun peut désigner, sur son itinéraire, un événement fondateur de sa relation avec le Seigneur, où il puise le souffle de sa fidélité. Dans la Pâque du Christ, chacun peut ainsi faire de sa vie le sanctuaire de ce mémorial et alimenter le souffle de sa vie au souffle de l’Esprit (cf. Psaume 142) sur un itinéraire où il cherche comment « préparer les chemins du Seigneur » en vue d’une commune sanctification de son nom par l’humanité enfin réconciliée.

(prêtre de l’Oratoire)
PICART François






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