Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence


« Personne ne nous a embauchés »
 

20/9/14

Elle est terrible la cinquième heure de l’évangile ! Son ouvrier ne peut qu’être mal vu. On n’attend pas que le soleil décline pour se mettre à la tâche. Si encore le salaire était à proportion de la peine. Mais, comble de tout : les derniers sont rétribués en premier. La même pièce d’argent est remise sans distinction pour des motivations incomparables. On comprend que le texte de saint Matthieu soit décapant. Est-il recevable, dans une société marquée par le chômage ambiant ? La guerre économique fait des premiers qui n’attendent pas les derniers pour « se servir ». Et, en Église, est-il sincèrement plus facile de lire la parabole de ce dimanche ?

Nous ressemblons aux ouvriers des premières heures. Notre dévouement est de toujours. Les paroisses survivent grâce à nous. Animer une communauté chrétienne est ingrat dans le contexte actuel. Cela ne mérite-t-il pas davantage de considération ? Le parvenu de la cinquième heure, lui, n’a pas sué sous le soleil accablant de la sécularisation. Son réveil tardif est suspect. Il ne peut avoir la même « valeur ». Oui vraiment, le Maître de la vigne est déconcertant. Cessons donc de ruminer et récriminer.

Une phrase clé est à entendre dans la liturgie de ce dimanche : « Personne ne nous a embauchés. » Voilà la cause profonde. Les retardataires ne sont pas moins vertueux ou plus paresseux que les fidèles. Mais, on ne les a pas sollicités. L’appel n’est pas venu mobiliser leur énergie. Aussi incroyable que cela puisse être, ils n’ont pas été saisis par la proposition. Connaissaient-ils seulement cette vigne ?

L’évangéliste nous surprend. Pôle emploi existe pourtant. Les campagnes d’opinion en faveur des vocations ne manquent pas non plus. Et personne ne les aurait embauchés ? D’où vient donc que tant de frères humains soient en quête de raison sociale et spirituelle ?

Il ne s’agit pas de culpabiliser, mais de consentir à un bouleversement des cœurs. Pour que nos frères entendent l’embauche, il est vital que notre foi soit appelante. Capable de toucher au plus profond. Il faut que, par nos vies, l’actualité du Christ soit perçue comme une immense clameur d’amour. Comme un saisissement qui n’attend pas la dernière heure et qui ne revendique plus la pièce d’argent.

La cinquième heure ne doit donc plus être regardée avec inquiétude ou jalousie. Elle nous rappelle que Dieu apprécie chacun avec son regard bienveillant. La justice du Seigneur n’est pas la nôtre. Réjouissons-nous si nous travaillons depuis notre naissance à l’œuvre de Dieu. Mais que ce ne soit jamais pour en faire notre propriété.
Le Seigneur n’a-t-il pas le droit de faire ce qu’il veut de son bien ? Susciter des ouvriers pour l’évangélisation ne se fait pas dans la morosité envers Dieu. Être appelants suppose être rayonnants. Celui qui travaille déjà à la vigne en est heureux. Il se réjouit de son frère qui le rejoindra demain.

PODVIN Bernard






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