Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
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Ouvrons le débat !

Les grandes lignes d’un projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples homosexuels ont été décrites par le premier ministre. Le texte ne donnera pas accès pour les couples de femmes à l’aide médicale à la procréation. « Ouvrons le débat », tel est l’objectif fondamental du document de réflexion sur le « mariage pour tous » publié au nom de l’épiscopat français voici quelques semaines.


 

Ce document n’est pas une réflexion sur le mariage religieux, mais bien une prise en compte du mariage, institution qui structure notre vie en société. En effet, le débat est politique et anthropologique, il s’agit des conditions de la prise de décision dans une société démocratique et du regard que nous portons
sur l’homme. Qui dit débat dit : « sortir des slogans pour engager une véritable réflexion » supportée par des arguments qui peuvent être entendus et évalués par tous. La réflexion qui doit se développer aujourd’hui à propos du mariage est l’occasion de tester notre capacité à mener un discernement selon des formes démocratiques. Il faut confronter des arguments, les évaluer dans le respect des opinions des uns et des autres, sans caricaturer les positions.
Dans une société qui a encore bien du mal à accepter et à respecter des personnes homosexuelles, il faut reconnaître le droit de celles-ci à pouvoir être reconnues dans une relation stable, mais est-ce au mariage à assumer ce droit ? Nous ne le pensons pas, car serait alors totalement déformé le sens de
cette institution qui a, derrière elle, une longue histoire qu’on ne peut pas ignorer. Mettre en avant la seule égalité est un argument insuffisant, car l’égalité de traitement exigée pour tous n’entraîne pas uniformité.

D’ailleurs, priver un enfant d’un père et d’une mère peut être compris comme un acte de discrimination face aux enfants de couples hétérosexuels. En outre, la nouvelle union élargie ne s’ouvrirait pas à tous, il demeure des interdits (liés à l’âge, aux liens de parenté…). Prendre en compte la seule liberté des individus, c’est oublier la notion même de bien commun, élément essentiel pour la vie en société.

Le mariage, tel qu’il a été vécu au cours des siècles, lie de manière indissoluble, y compris dans le droit français, la conjugalité et la procréation. Cette institution suppose un engagement de deux personnes l’une envers l’autre dans un cadre bien défini qui protège les droits de l’une et de l’autre. La promesse de fidélité, faite lors du mariage, va jusqu’au don de la vie à un tiers. Ainsi le couple, formé et reconnu dans le mariage, participe au renouvellement des générations et apporte sa contribution au bien commun. Un couple homosexuel peut réaliser une autre forme de solidarité sociale, mais ce ne sera pas celle que procure le mariage. Ce dernier comporte une originalité, l’ouverture à l’enfant, que ne peuvent pas vivre des couples homosexuels.

L’enfant ne doit pas être oublié dans ce débat.

Père Jean-Pierre Lémonon

N.B. La note de l’épiscopat à laquelle je fais allusion peut être lue sur le site de la conférence épiscopale : http://www.eglise.catholique.fr/conference-des-eveques-de-france/la-conference-des-eveques-de-france.html






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