Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence


Noel, lumière au coeur des ténèbres !

« Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière » (Is 9, 1). Ce texte du prophète Isaïe est toujours d’actualité : les ténèbres sont épaisses et multiformes, mais Noël peut éclairer tout homme, pour peu que nous collaborions à la venue du Seigneur.


 

Pour notre hémisphère septentrional, décembre est le mois des nuits les plus longues. Nuit sur la terre, donc, mais surtout nuit dans le coeur de ceux qui souffrent de solitude, et de ceux que marginalise une maladie douloureuse ou invalidante. Ténèbres de la détresse matérielle, et de l’angoisse du deuil, qu’il
soit récent ou réactivé par la perspective d’une fête marquée par l’absence d’un être cher. A toutes ces obscurités ressenties individuellement ou en famille, s’ajoutent celles dans lesquelles nous plonge le matérialisme outrancier s’affichant à l’occasion de la préparation des « fêtes de fin d’année » (sic), course effrénée aux cadeaux, aux victuailles, à l’apparence de mise lors du réveillon, et qui renvoie impitoyablement les plus démunis – de quelque nature que soit leur manque – à leur détresse.

Mais, « c’est en hiver que les jours rallongent » ; et c’est pour cela que, symboliquement, depuis le IVe siècle, l’Eglise célèbre le 25 décembre le mystère de l’Incarnation, la venue dans le monde de Jésus, « Soleil de justice » (Malachie 3, 20), « Lumière des Nations » (Luc 3,2). Jusque là, c’est la naissance (« natale » en latin, d’où vient le mot français « Noël ») du soleil invaincu, qui donnait lieu à des réjouissances populaires dans l’Empire romain. Noël n’est donc pas l’anniversaire de la naissance de Jésus – dont l’Eglise ignore la date – mais la célébration de l’avènement du Fils de Dieu, avènement dans l’humilité la plus profonde, que creusera encore la mort en croix, et qui, depuis l’aurore pascale, annonce son avènement au dernier jour, celui-là dans la gloire.

Célébrer Noël, c’est donc accepter que soient bouleversées nos représentations de Dieu, qui est désormais l’Emmanuel, Dieu avec nous, Dieu venu habiter parmi nous. C’est aussi devenir, comme nous y invite notre Pape, reflet de la Lumière de Bethléem, pour que l’humanité tout entière la partage. D’abord, en reconnaissant nos obscurités et en venant en demander pardon au Seigneur dans le Sacrement de Réconciliation. Ensuite, en nous nourrissant de la Parole et du Pain de Vie (pourquoi ne pas venir célébrer l’Eucharistie en semaine ?), afin que s’allume en nous un feu qui ne s’éteint pas. Alors, forts de cette Présence en notre coeur, nous pourrons aller davantage vers les autres pour leur redonner l’espérance, par un simple sourire, un mot, une aide morale ou matérielle.

Soyons comme les bergers de Bethléem, portons à tous le message qu’ils ont entendu des anges :
« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime ! » (Luc 2, 14).

Anne-Marie Jammes






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