Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence


L’« intrusion » du Ressuscité
 

26/4/14

Arrêtons-nous un instant à cette désignation. De qui ou de quoi s’agit-il ? Certainement pas d’un groupe ethnique précis. Pas non plus de l’ensemble des membres d’un groupe religieux, comme on a pu le dire pendant bien trop longtemps. L’auteur du texte sait que les disciples eux-mêmes sont des juifs. Tout comme Jésus. L’évangéliste nous dit ici que des juifs ont peur d’autres juifs. Les disciples se cachent non d’un ennemi mais de ceux qui leur ressemblent. D’où viendra alors le temps du mûrissement, celui qui accomplit en nous la promesse de Dieu ? L’humanité ne portera-t-elle jamais en elle l’éclosion d’une vie à la ressemblance de son Créateur ?

L’étonnement suscité par le texte de l’Évangile provient de l’« intrusion » du Ressuscité au milieu de la peur, au milieu d’un groupe d’hommes sans aucune ouverture ni perspective d’avenir. Ils se tiennent là comme s’ils étaient enterrés vivants. L’initiative vient du Christ. Sa présence étrange et inattendue les réveille. Le tohu-bohu d’un chaos final est soudainement traversé par une parole. « Ma paix pour vous », dit Jésus. Sa présence roule de côté la lourde nuit qui pèse sur leurs cœurs. « La paix soit avec vous ! » D’où vient-elle la paix que le Christ apporte tout en montrant ses blessures : celles de l’abandon, de la torture et de la mort ? N’y a-t-il pas contradiction entre cette paix profonde et la confrontation avec les marques de l’angoisse et de la mort ?

Le Christ se laisse reconnaître vivant. À travers sa venue il révèle discrètement un visage de Dieu inconnu jusque-là. Le pouvoir de César – quel qu’il soit : péché, domination, exploitation – s’arrête au seuil de la mort ; la puissance de Dieu, elle, se donne à travers une paix capable de relever de la mort. Jésus souffle sur ses disciples pour leur communiquer cet Esprit qui le tient vivant. C’est sa foi en eux qui les sauve. C’est sa foi en eux qui les transforme en envoyés, en témoins de la miséricorde de Dieu. Et comme le Christ, les disciples deviendront des hommes du pardon, des porteurs d’une paix qui ne recule pas devant l’angoisse du monde.

VON KIRCHBACH Agnès






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