Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence


Jesus lumière et signe de contradiction
 

Jésus, lumière et signe de contradiction

1/2/14 -

Un visage d’enfant illuminé par la flamme d’un cierge. Combien de fois n’avons-nous pas vu cette scène au cours de nos célébrations liturgiques ? La fête de la Chandeleur suscitera encore cette année chez les plus jeunes d’entre nous cette fascination de la petite flamme qui semble fragile et qui pourtant tient bon, protégée par le creux de la main, dessinant des ombres changeantes, apportant sa chaleur et sa lumière.
Jésus est la « lumière pour éclairer les nations païennes » et la « gloire d’Israël », le peuple de Dieu. C’est ce que proclame le vieillard Syméon, ce fidèle de l’ombre qui « attendait la Consolation d’Israël » et a fini par trouver la lumière. Combien de jours passés à scruter les Écritures, à prier dans le Temple, à discuter avec ses amis sur les signes des temps pour tenter d’y discerner le mystérieux dessein de Dieu ? Et voilà que Syméon, « poussé par l’Esprit », prophétise. Il reconnaît dans cet enfant, le premier d’une famille qui ne peut offrir que le sacrifice des pauvres – « un couple de tourterelles et deux petites colombes » –, le Messie attendu. Comme les bergers, comme les Mages, le signe d’un nouveau-né lui suffit.
Cet enfant qui dépend en tout de ses parents est à lui seul « le salut ». Un salut en germe, encore enfoui. Il y a dans la flamme, aussi petite et fragile soit-elle, une puissance de propagation prodigieuse. Jésus invitera l’Église à entrer dans ce dynamisme de propagation, lorsqu’il enverra les Apôtres en mission, au début des Actes des Apôtres : « Vous allez recevoir une force quand le Saint-Esprit viendra sur vous ; vous serez alors mes témoins à Jérusalem, dans toute la Judée et la Samarie, et jusqu’aux extrémités de la terre » (Ac 1, 8). Seule la puissance de l’Esprit peut donner un tel dynamisme !
C’est le Christ qui est la lumière des nations mais c’est par son Église qu’il rejoint les extrémités de la terre. Le Concile l’affirme avec netteté : le Christ est la lumière des nations – Lumen gentium – et l’Église est « dans le Christ, en quelque sorte le sacrement, c’est-à-dire à la fois le signe et l’instrument de l’union intime avec Dieu et de l’unité de tout le genre humain » (Lumen gentium, n° 1).
Si l’Église est signe, elle ne peut être, comme le Christ, que « signe de contradiction » (1). Il serait dommage, en ce jour, de s’en tenir à la lecture brève proposée par la liturgie car la suite des paroles de Syméon est inséparable du début : le Christ est à la fois lumière des nations et signe de contradiction. L’un ne va pas sans l’autre. Comme l’affirme le Prologue de l’Évangile selon saint Jean (Jn 1,9-10), la lumière tranche sur les ténèbres.
Le prophète Isaïe avait dépeint un serviteur de Dieu contesté, « lumière des nations » (Is 49, 6). À l’occasion d’une contradiction violente, Paul comprendra que cette prophétie s’applique non seulement au Christ mais aussi à ses disciples (Ac 13, 44-48). Être à la fois lumière et signe de contradiction, c’est la condition de l’apôtre, celle de tout baptisé. S’il veut échapper à la contradiction et se fondre dans la masse, en « prenant pour modèle le monde présent » (Rm 12, 2), il ne sera plus transparent à lumière du Christ.
Cela ne signifie pas pour autant provoquer avec agressivité la contradiction en jugeant de haut, comme pouvaient le faire les pharisiens dans leurs polémiques contre Jésus. L’apôtre qui se laisse illuminer par la lumière du Christ commence par voir ses propres contradictions « dévoilées ». Invitation à l’humilité. Seul le témoignage humble de celui qui accepte d’aller à contre-courant, dans un élan de vraie charité, peut prétendre apporter la lumière du Christ, salut proposé à tout homme. C’est le visage de l’enfant, l’enfant de Dieu, qui reflète la lumière.
Les personnes consacrées, dont c’est aujourd’hui la fête, voudraient être ces signes de contradiction dont le genre de vie à la suite du Christ invite joyeusement à se tourner vers sa lumière.

(1) Selon la nouvelle traduction officielle liturgique, qui corrige l’expression « signe de division » du lectionnaire actuel.
LEFEBVRE Jean-François

Tiré de La Croix






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