Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
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Fin de vie

Le débat autour du « mariage pour tous » risque de faire oublier d’autres questions de société fort importantes ; tel est le cas de la réflexion sur la fin de vie, qui s’est développée autour d’une Commission présidée par le professeur Sicard. Nombre de personnes, aujourd’hui en parfaite santé, redoutent que soient insupportables les derniers jours de leur vie. Elles craignent ce temps plus encore que la mort elle-même.


 

Tous ceux qui réfléchissent sur la fin de vie invoquent la dignité de la personne humaine ; or ce mot de « dignité » comporte une ambiguïté. Là réside la difficulté de la réflexion sur ce sujet. Selon certains, « mourir dans la dignité » se réaliserait en décidant soi-même du moment de sa fin en cas de maladie
incurable. Pour d’autres une fin de vie digne c’est d’abord et avant tout soulager le plus possible la douleur, combattre le mal, mais ne pas hâter directement la mort et accompagner la vie jusqu’à son terme. Il va de soi que tout doit être fait pour éliminer ou du moins réduire le mieux possible la douleur qui
est toujours un mal à combattre.

La fin de vie concerne chacun d’entre nous, aussi le débat revêt-il souvent un caractère émotionnel, là où il faudrait prendre de la distance critique. Du rapport du professeur Sicard, remis en décembre au chef de l’Etat, chacun risque de ne retenir que quelques éléments retirés de leur contexte et oublier
l’ensemble. Le rapport refuse avec clarté l’acte euthanasique, car ce serait le franchissement d’un interdit à forte portée symbolique. Une nouvelle législation modifiant la loi Léonetti ne paraît nullement nécessaire.

Dans des cas tout à fait particuliers, celle-ci admet qu’on puisse « laisser mourir » en accompagnant la fin de vie d’une sédation profonde. Il faut demeurer très ferme, en aucun cas il ne peut s’agir d’aider quelqu’un à mourir ou de donner la mort, tout au plus et selon des conditions très strictes, peut intervenir son accélération.

De ce rapport, l’affirmation la plus importante est sans doute celle-ci, car elle nous concerne tous, que l’on soit en bonne santé ou malades, jeunes ou âgés : « la priorité est de changer le regard sur la fin de vie, et de la penser solidairement ». Cette revendication nous semble fort juste. Il faut avoir le courage de se réapproprier la fin de la vie et la mort.
En effet, accompagner les personnes âgées et dépendantes est indispensable afin qu’elles perçoivent mieux le sens de cette dernière étape de leur vie. Un échange d’affection se crée alors. Cette réciprocité est essentielle. Le développement des soins palliatifs le manifeste. La mort et la naissance sont
des réalités humaines universellement partagées, elles doivent se vivre dans un climat de paix et de solidarité.

Peut-on rêver une fin de vie plus heureuse et sereine que celle de Jacob achevant sa vie en rassemblant et bénissant ses enfants (Genèse 48-49) ? N’y a-t-il pas là transmission d’une sagesse et promesse d’un avenir pour les fils de Jacob ? Pour les personnes qui ont mis leur confiance en Christ, la
prière en communion avec la Passion du Christ constitue une aide importante pour vivre ces temps humainement difficiles.

Père Jean-Pierre Lémonon






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