Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence


Eveille en nous la vie nouvelle qui sommeille… !
 

18/4/15 -

« La paix soit avec vous ! » Comme dans la liturgie de dimanche dernier, l’évangile établit un lien entre le vœu de paix adressé par le Ressuscité et les plaies du Crucifié, traces de sa condamnation à mort. Le Ressuscité n’est autre que celui qui a vécu jusqu’au bout dans la fidélité à sa relation à Dieu, envers et contre ses contradicteurs. Dieu ayant authentifié la manière dont Jésus témoignait de lui en le ressuscitant, la paix qu’il prodigue à ses disciples provient de la vie nouvelle qu’il reçoit de son Père dans l’Esprit Saint. Nous pouvons alors comprendre l’association entre le don de la paix et les plaies du Crucifié comme le témoignage que cette paix offerte, nourrie de la relation de Jésus à son Père, est passée par l’épreuve de la souffrance et de la mort de la croix, qu’elle leur a résisté, qu’elle les a vaincues. La paix transmise par Jésus à ses disciples n’est donc pas simple tranquillité d’esprit, ni absence de perturbation, d’agitation ou de conflit. Plus profondément, la paix du Ressuscité assume et transcende l’adversité des responsables à « la nuque raide » (Ac 7, 51-60) à laquelle Jésus a été affronté. Elle bénéficie à celles et ceux qui, à sa suite, vivent du même Esprit.

En ce sens, la paix du Ressuscité rejoint aussi les tribulations de ses interlocuteurs dans l’Évangile, ces « maladies (1) » qui guettent tout chrétien : l’homme riche et insensé de l’Évangile qui pensait vivre éternellement, Marthe qui s’agitait excessivement, le disciple qui planifie au point d’enfermer la liberté de l’Esprit, etc. Elle rejoint aussi les questions de Nicodème, de la Samaritaine et les attentes de la Syro-Phénicienne, comme elle avait rejoint Marie Madeleine, Zachée ou la femme adultère.

Au disciple qui accueille sa parole, et se laisse travailler par elle, le Ressuscité promet sa paix durable, s’il vit, dans l’Esprit, de la vie qu’il incarne, une vie qui témoigne de l’amour trinitaire. Sa parole offre une nouvelle manière d’enraciner sa vie dans l’amour de Dieu, de la nourrir de l’amour de Dieu et de se donner à cause de lui. Cette parole ouvre sur une vie fondée en Christ, comme Jésus avait fondé sa vie sur sa relation à son Père dans la force de l’Esprit. Désormais, pour avancer, nul besoin de colère, d’emportement, de méchanceté, d’insultes, de débauche, de passions, de désir mauvais, de soif de posséder (Col 3) : l’homme ancien peut être abandonné au tombeau. Fidèle à Dieu jusque dans l’adversité, jusque dans l’épreuve, jusque dans la mort, le Ressuscité sait de quoi il parle. Il sait qu’il n’est pas vain de mettre sa confiance dans la parole de son Père : « En toi j’ai mis ma confiance. »
En raison de l’incarnation qui révèle à l’homme ce dont il est capable du point de vue de Dieu, ce qui est vrai pour Jésus l’est pour chacun d’entre nous. Lorsque les disciples ouvrent leur intelligence à une nouvelle compréhension des Écritures qui éclaire et nourrit une vie enracinée dans l’amour de Dieu, ils se rendent disponibles pour accueillir la paix du ressuscité. Comme les disciples d’Emmaüs (Lc 24), comme l’Éthiopien baptisé par Philippe (Ac 8), comme Paul rentrant du chemin de Damas (Ac 9), les questions posées par la fidélité de Jésus, jusque dans sa passion et sa mort sur la croix, fournissent les ressources d’une nouvelle compréhension de la paix qu’il offre. Elle habite ceux qui enracinés dans l’amour de Dieu se sont revêtus de tendresse et de compassion, de bonté, d’humilité, de douceur et de patience, ceux qui se pardonnent mutuellement (Col 3).

Comme eux, scrutons cette fidélité de Jésus à la lumière de l’authentification que Dieu en donne en le ressuscitant. Scrutons-la et exposons notre vie à cette paix offerte, en méditant les Écritures, en vivant les sacrements et en témoignant de la fécondité de la paix reçue. « Vous êtes passés de la mort à la vie » (Rm 6). Éveille en nous la vie nouvelle dont tu nous sais capable, la vie nouvelle qui sommeille en nous !

(1) Cf. le discours du pape François à la Curie, 22 décembre 2014.

PICART François






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