Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence


Et si la crise devenait message d’espérance ?

Alors que les décideurs politiques et économiques cherchent à « sortir de la crise », et guettent la « reprise », (simple retour à la situation antérieure ?), le Conseil Famille et Société de la Conférence des Evêques de France publie un document invitant à « grandir dans la crise ».


 

S’appuyant sur la doctrine sociale de l’Eglise, car celle-ci est « experte en humanité », d’une expertise non technique mais éthique, cet ouvrage propose des pistes afin de remplacer par la confiance, le sentiment d’inanité né de
cette crise anxiogène.
Au-delà de ses composantes financières et économiques, la crise a en effet une dimension anthropologique : pratiquant trop souvent la doctrine du « chacun pour soi », nos sociétés ont perdu le sens d’une destinée commune, et donc, n’ont plus de vision d’avenir. En réponse, l’Eglise rappelle que l’homme est un être relationnel à l’image du Créateur, Dieu Trinitaire, qui est relation d’amour. En Dieu, l’homme découvre qu’être, c’est être en relation, c’est se donner pour se recevoir de l’autre, et il expérimente la gratuité. Cela implique de replacer l’économie au service de l’homme, et de redécouvrir
le respect de la dignité de tout homme et de tout l’homme, dont le corollaire est le sens du bien commun, qu’il nous faut retrouver, puisque nous formons une seule famille humaine.

Pour cela, l’Eglise appelle à la coresponsabilité : dans tous les domaines de la vie, l’homme doit se sentir responsable de son prochain. Cette conscience se forme d’abord dans la famille, puis se développe et s’exerce dans la société civile qui redonne confiance par son fonctionnement dans des
structures à taille humaine où est vécue une « démocratie de proximité ». Elle amène à inventer de nouveaux modes de vie moins prédateurs et plus soucieux d’équité. Elle offre aux médias trop souvent assujettis à l’audimat et aux annonceurs, la chance d’un nouvel élan vers l’expression d’opinions
plurielles, au lieu de l’uniformité du « politiquement correct », la réflexion au lieu du simple énoncé de faits bruts et non hiérarchisés, la mise en perspective, au lieu du culte du scoop, du sensationnel. Elle réhabilite la politique, l’économie comme fin en soi ayant montré ses limites.
Et dans ce domaine, les maîtres-mots sont la recherche d’un ordre multilatéral mondial, construit par étapes régionales, un peu sur le modèle de la démarche européenne, le maintien de la cohésion nationale par le souci de la justice sociale ; et cela passe par l’adhésion à des comportements civiques (ne pas frauder dans le paiement de l’impôt, des taxes, des charges sociales… voter bien sûr, et pourquoi pas, s’engager ?)
Ainsi, « grandir dans la crise », c’est effectuer une démarche personnelle et communautaire de conversion, cela pour se rendre libre, de cette liberté dont le Christ est la source.

Anne-Marie Jammes, à partir de « Grandir dans la crise », Bayard, 2011






  Mentions légales   Contact   Intranet   Administration        Suivre la vie du site    SPIP