Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence


Dimanche des Rameaux et de la Passion, pour dire quoi ?

Dans mon pays, le Burkina-Faso, et en Afrique en général, « l’étranger » est roi qui mérite tous les honneurs possibles. Il est accueilli comme il se doit. Lorsqu’un Président de la République d’un autre pays arrive, toute la ville est bien mobilisée, comme un seul homme, pour lui réserver un bel accueil à l’africaine : tapis rouge (à l’aéroport, méthode européenne), tam-tam et danse dans les rues de la capitale, longue haie humaine, les uns tenant un drapeau national, les autres celui du pays de l’invité. N’est-ce pas cela qu’ont vécu les populations de Jérusalem, un jour où
Jésus est entré dans la ville sainte ? Certainement.


 

Le dimanche des Rameaux, c’est l’entrée de Jésus à Jérusalem, la ville sainte, envahie par les pèlerins qui manifestaient bruyamment leur joie d’accueillir Jésus comme leur roi et leur Sauveur, les uns tenant en main un rameau, les autres étalant sur son passage, non un tapis rouge, mais leurs vêtements, signe d’un accueil très respectueux. Et tous chantèrent : « Hosanna… », qui signifie en hébreux : « sauve-nous maintenant » ou « sauve-nous, nous t’en prions ». Expression utilisée encore dans notre liturgie catholique, pour manifester que la foi a pour finalité le salut des âmes. On l’appelle Dimanche des Rameaux, à cause des branches d’arbres jetées sur la route devant Jésus, allant à Jérusalem, monté sur un ânon.
Avec le jour de Noël et le Mercredi des Cendres, le Dimanche des Rameaux est un des plus populaires de l’année. Il rassemble de nombreux fidèles chrétiens, pratiquants et non pratiquants, dans nos églises catholiques, chacun apportant un rameau (de buis, d’olivier, de palmier, selon les régions) pour être béni. Béni, il servira à la procession vers l’église (marche vers Pâques à la suite du Christ) et à la décoration de la Croix dans nos salons ou pour le déposer sur la tombe d’un cher parent défunt.
Avec le Dimanche des Rameaux et de la Passion commence la « Semaine Sainte ». Pour certains, le mot « Passion » fait peur. Il est synonyme de grande souffrance. Ils voient défiler devant eux des images de couronne d’épines, de flagellation, de crucifixion, de torture et de mort.Ils font le lien avec des images de l’horreur infligée à des victimes innocentes, des images chargées du poids insupportable de nos capacités toujours plus grandes à détruire et à donner la mort. Ne vivons pas cette « Grande Semaine » seulement comme la semaine de l’épreuve et de la souffrance. Dans le projet de Dieu et dans l’obéissance du Christ, elle est la semaine de l’amour. Que ce soit le dernier repas et le lavement des pieds, la nuit au Jardin des Oliviers avant l’arrestation, le pardon de Pierre qui a renié son Maître, le dialogue avec le bon larron, tout, sur le chemin suivi par Jésus vers sa mort, est amour, service, don de soi, pardon. La Croix n’est plus le sommet de l’horreur,elle est le sommet de l’amour qui est de donner sa vie pour ceux qu’on aime.
Frères et sœurs, en paroisse, famille des familles, faisons mémoire du mystère de l’amour à travers ce drame vécu il y a plus de 2000 ans, à Jérusalem et qui se vit encore aujourd’hui dans nos sociétés. « Ton Roi vient vers toi ». Va à sa rencontre. N’aie surtout pas peur. Il mettra en toi la compassion qui agit et remet debout. Bonne et sainte « Semaine Sainte » à chacun de nous.

Père Bila Mathias Doamba






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