Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
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Comprendre la fête de l’Immaculée Conception

Dans le décret sur l’oecuménisme promulgué le 21 novembre 1964 les Pères du concile Vatican II déclarent :
« Dans le dialogue oecuménique, les théologiens catholiques (on pourrait, bien sûr, remplacer l’expression “les théologiens catholiques“ par “les membres de l’Église catholique“), fidèles à la doctrine de l’Église,… en exposant la doctrine, se rappelleront qu’il y a un ordre ou une “hiérarchie“ des vérités de la doctrine catholique, en raison de leur rapport différent avec les fondements de la foi chrétienne ».


 

Ces quelques lignes ne disqualifient aucunement ce qui est original dans l’expression de la foi et de la piété de l’Eglise catholique par rapport aux autres confessions chrétiennes. En revanche, elles rappellent un enseignement
traditionnel : « les vérités de la foi proclamée par l’Église catholique ne sont pas à mettre toutes sur le même plan ».
Les autres Églises sont invitées, elles aussi, à reconnaître une hiérarchie des vérités de la foi dans leur propre confession.
Le socle de la foi chrétienne est le « je crois en Dieu » proclamé à la suite des conciles de Nicée-Constantinople. A quelques semaines de la fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie le 8 décembre, ce rappel est important ; en effet, cette fête est chère à la piété catholique, mais elle ne constitue pas le socle de la foi de l’Eglise catholique. Le 8 décembre 1854 le pape Pie IX proclamait le dogme de l’Immaculée Conception : dès le premier instant de sa conception la Vierge Marie a été préservée de tout péché, aucune trace de souillure n’est en elle.
Pour la foi catholique une telle affirmation ne prend son sens qu’en « considération des mérites du Christ Jésus, sauveur du genre humain ». La Conception de Marie a toujours été pensée en lien avec le salut apporté par le Christ Jésus, elle n’est pas séparée de la foi en Christ.
Dès les premiers siècles de notre ère, la tradition chrétienne a accordé à Marie une place spécifique parmi les saints, car elle est la « mère de Dieu » ; en revanche, l’affirmation de l’Immaculée Conception a longtemps été objet de débats.
Dès le 4ème siècle, nombre d’Églises particulières célébraient une fête de la Conception de Marie ; elles reconnaissaient en cette Conception le premier signe du salut qui se réalise dans la mort et résurrection du Christ Jésus. Célébrer cette fête n’entraînait pas foi en l’Immaculée Conception de Marie.
Au Moyen Age de grands spirituels ou théologiens comme saint Bernard ou Thomas d’Aquin étaient fort réservés face à l’Immaculée Conception. Peu à
peu s’est développée l’idée qu’avec la Conception de Marie, Dieu préparait un corps saint dès le premier instant, digne de recevoir son Fils.
Célébrer l’Immaculée Conception de Marie c’est une fois de plus l’occasion de situer la Vierge Marie, mère de Dieu, dans le mystère du Christ et de l’Eglise. La piété mariale ne doit jamais être séparée du Christ et de son mystère.

Père Jean-Pierre Lémonon






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