Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence
Paroisse Saint Martin de la plaine de Valence


« Aux hommes de bonne volonté »

Le Pape François publie un document important, une encyclique, une lettre circulaire sur l’écologie intégrale, intitulée Laudato si. Avec ce titre donné à son texte, le Pape est fidèle à lui-même. En effet, cette expression est tirée d’un poème de François d’Assise : le Cantique des créatures, appelé aussi Cantique du
soleil. En se plaçant sous le patronage du saint d’Assise, le Pape indique l’orientation de sa pensée : l’humanité doit vivre en harmonie avec la création, « notre maison commune », et les hommes édifier un monde fraternel.


 

Le Pape ne se situe pas au niveau des solutions ; il indique un chemin. Face à la gravité du réchauffement climatique et à la maltraitance de la planète «  il faut entrer en dialogue avec tous au sujet de notre maison commune… chercher ensemble des chemins de libération ». Ce désir de dialogue entre tous conduit François à
adresser son texte à «  tous les hommes de bonne volonté », clin d’oeil en direction du Pape Jean XXIII à qui l’expression est empruntée. Une pratique nouvelle pour une « écologie intégrale » est l’affaire de tous, et non des seuls gouvernements qui ne sont bien souvent que le reflet de leur opinion publique. François met en garde contre des vues écologiques étriquées, il s’élève notamment contre les mouvements qui prônent la limitation de la population comme solution à la crise écologique.
Le Pape fait un constat : « Nous n’avons jamais autant maltraité ni fait de mal à notre maison commune qu’en ces deux derniers siècles ». Mais la crise écologique n’est pas séparable de la crise sociale. C’est pourquoi le Pape parle d’ « écologie intégrale qui a clairement des dimensions humaines et sociales ». Il faut lutter contre les inégalités que ce soit à l’intérieur des nations comme entre les nations. François n’hésite pas à écrire : « Il y a une vraie “dette écologique“ entre le Nord et le Sud. Cette dette doit être soldée, aussi les pays développés sont-ils invités à réduire de manière significative leur consommation d’énergie, ce qui oblige chacun à modifier sa manière de vivre. Un soutien très net est apporté au développement des énergies renouvelables :
« L’exploitation directe de l’abondante énergie solaire demande que des mécanismes et des subsides soient établis de sorte que les pays en développement puissent y accéder ». Le marché du carbone n’est pas une solution, car c’est encore le point de vue des sociétés riches qui est pris en considération.
Notre monde est un monde limité ; son exploitation pour le bien-être d’une seule catégorie de la population est inacceptable. Tout ce qui est possible ne convient pas : « Jamais l’humanité n’a eu autant de pouvoir sur elle-même et rien ne garantit qu’elle s’en servira toujours bien ». Il faut faire des choix éthiques et savoir se restreindre volontairement. L’écologie ne trouve son véritable sens que dans la mesure où elle est sous-tendue par un désir de fraternité universelle : « Nous ne pouvons pas prétendre soigner notre relation à la nature et à l’environnement sans assainir toutes les relations fondamentales de l’être humain ». Ce lien entre nature et fraternité
universelle a été aussi une pensée chère au saint d’Assise.
Le programme tracé par François peut paraître au-dessus des forces humaines, tant les freins sont nombreux.
Aussi n’est-ce pas un hasard si ce texte, rendu public le 18 juin dernier, est daté du 24 mai, fête de la Pentecôte. N’est-ce pas un signe de la source de l’espérance portée par le document ? Ce qui n’est pas possible aux seules forces humaines devient possible lorsque le souffle de l’Esprit et les forces humaines se conjuguent.
Dieu notre Père a d’ailleurs mis la création à la disposition de tous ses enfants pour leur bonheur. Il nous invite à la contemplation, source d’une vie nouvelle.

Père Jean-Pierre Lémonon






  Mentions légales   Contact   Intranet   Administration        Suivre la vie du site    SPIP